La santé financière des régimes de retraite s’améliore fortement

À la fin du troisième trimestre, la solvabilité des régimes de retraite à prestations déterminées avait atteint son plus haut niveau depuis novembre 2000 selon l’indice Mercer.
Photo: Bartek Szewczyk Getty Images À la fin du troisième trimestre, la solvabilité des régimes de retraite à prestations déterminées avait atteint son plus haut niveau depuis novembre 2000 selon l’indice Mercer.

Les régimes de retraite à prestations déterminées ont repris la forme. La hausse des taux d’intérêt de long terme leur apporte de l’air frais.

À la fin du troisième trimestre, la solvabilité des régimes de retraite à prestations déterminées avait atteint son plus haut niveau depuis novembre 2000 selon l’indice Mercer. Cet indice atteignait 112 % le 28 septembre dernier, contre 107 % trois mois plus tôt et 106 % au début de 2018. Il est, ici, question d’un régime de retraite hypothétique. Pour les 581 clients du cabinet en ressources humaines, le ratio de solvabilité médian se chiffrait à 102 % le 28 septembre, contre 99 % trois mois plus tôt et 97 % à la fin de 2017.

« Plus de 60 % des régimes de retraite canadiens sont maintenant entièrement capitalisés et moins de 5 % des régimes affichent une capitalisation inférieure à 80 % selon l’approche de solvabilité », ajoute le cabinet.

La hausse du loyer de l’argent, qui déborde depuis peu aux obligations à échéance plus lointaine, fait son oeuvre. « Dans les dernières semaines de septembre, la situation financière des régimes de retraite a profité d’une forte augmentation de 20 points de base des taux d’intérêt à long terme », souligne Mercer, qui calcule qu’« une hausse de 100 points de base des taux d’intérêt donne généralement lieu à une diminution de 10 % à 15 % du passif des régimes ».

Pour sa part, l’actif des régimes s’est alimenté à même une hausse des cours boursiers, les marchés canadiens n’ayant toutefois pas participé à cette continuité de la phase haussière. Après neuf mois, l’indice S & P/TSX de la Bourse de Toronto n’est en augmentation que de 1,4 %. La remontée des taux a cependant plombé le rendement obligataire, qui oscille entre -0,4 % et 1,1 % après neuf mois selon le véhicule et l’échéance. Un recul a été particulièrement ressenti au troisième trimestre, avec des performances variant entre -1 % et 2,4 % selon le tableau présenté par Mercer.

Cet impact sur l’actif de la remontée des taux, combiné au retour en forme des régimes, n’est pas sans inciter les promoteurs et gestionnaires à prendre plus de risques. Ce « confort » s’en trouve nourri par les modifications apportées aux règles de capitalisation. « L’Ontario a emboîté le pas au Québec en délaissant dans une large mesure la capitalisation du déficit de solvabilité en faveur d’un modèle axé sur l’approche de continuité renforcée. Les nouvelles règles auront comme principal effet de diminuer considérablement la volatilité des exigences de cotisations », écrivait-on l’an dernier.

Ce faisant, ils ont été nombreux à revoir leur stratégie de gestion des risques. « Certains promoteurs, surtout ceux de régimes qui ne sont pas entièrement capitalisés et auxquels de nouveaux participants peuvent toujours adhérer, ont l’impression que les nouvelles règles de capitalisation les encouragent à maintenir, ou même à accroître, les risques liés aux placements », constate Mercer.