Les producteurs de lait en colère

Pour les producteurs laitiers québécois, la concession prévue dans l’Accord États-Unis-Mexique-Canada en est une de trop.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Pour les producteurs laitiers québécois, la concession prévue dans l’Accord États-Unis-Mexique-Canada en est une de trop.

Les Producteurs de lait du Québec dénoncent le nouvel accord qui remplacera l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), qui ouvre une brèche dans la gestion de l’offre similaire à celle qui avait été accordée dans le Partenariat transpacifique (PTP).

Visiblement inquiet le président de l’association, Bruno Letendre, affirme que la nouvelle entente prévoit une concession de 3,59 %, ce qui représente, selon lui, 13 jours de moins en production pour ses membres.

Cette concession s’ajoute donc à celle comprise dans le PTP, un accord auquel les États-Unis ont tourné le dos en 2016, qui avait ouvert 3,25 % du marché des produits laitiers.

Pour le représentant des producteurs laitiers québécois, la concession prévue dans l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC) en est une de trop.

Pour sa part, le président des Producteurs laitiers du Canada, Pierre Lampron, a déclaré que l’entente aura « un impact énorme non seulement pour les producteurs laitiers, mais pour tout le secteur ».

« Nous ne voyons pas comment cet accord peut être bon pour les 220 000 familles canadiennes qui dépendent de l’industrie laitière pour gagner leur vie », a-t-il ajouté.

Même réaction à l’Union des producteurs agricoles, dont le président, Marcel Groleau, s’est dit déçu.

« Je ne vois pas beaucoup d’éléments positifs dans cette entente-là […] j’aimerais qu’on m’explique en quoi cet accord est bon », a déclaré M. Groleau.

De son côté, le président américain Donald Trump a qualifié l’accord commercial de « formidable » et d’historique sur Twitter, lundi matin, ajoutant que l’accord profitera aux trois pays et qu’il résout les erreurs contenues dans l’ALENA.

« Donald Trump dit qu’il s’agit d’une belle entente pour les Américains et je suis obligé de lui donner raison », s’est désolé M. Letendre.

Le premier ministre québécois sortant, Philippe Couillard, a confirmé qu’il s’entretiendra avec ses homologues des autres provinces et territoires par téléphone.

Le gouvernement fédéral prévoit indemniser les agriculteurs qui seront touchés. Une source a indiqué qu’il y aurait des consultations pour déterminer le montant qui leur sera offert.