Pas de ruée vers les prêts pour les PME

Depuis le mois de juin, seulement deux demandes sont en cours d’analyse chez Investissement Québec, a indiqué le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, ajoutant qu’un prêt de 469 000 $ avait été accordé jusqu’à présent.
Photo: Patrick Hertzog Agence France-Presse Depuis le mois de juin, seulement deux demandes sont en cours d’analyse chez Investissement Québec, a indiqué le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, ajoutant qu’un prêt de 469 000 $ avait été accordé jusqu’à présent.

Les tarifs de l’administration Trump visant l’aluminium et l’acier canadiens n’ont pas déclenché une avalanche de demandes de prêt auprès du gouvernement québécois, ce qui n’empêche pas les entreprises de faire des pieds et des mains pour garder la tête hors de l’eau.

Depuis le mois de juin, seulement deux demandes sont en cours d’analyse chez Investissement Québec, a indiqué le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation, ajoutant qu’un prêt de 469 000 $ avait été accordé jusqu’à présent.

Québec avait annoncé en juin une enveloppe de 100 millions en prêts et garanties de prêt — par l’entremise du programme Essor — afin d’épauler les PME frappées par les droits d’importation de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium décrétés par Washington. Ottawa avait répliqué en juillet avec des mesures de rétorsion.

Interrogé à propos du faible nombre de demandes en traitement, l’attaché de presse de la ministre Dominique Anglade s’est montré prudent. Dans un message, il a indiqué qu’il était « important » pour Québec d’agir rapidement après la décision de l’administration Trump. Plus de 1400 entreprises oeuvrent dans le domaine de la transformation de l’aluminium au Québec. Elles génèrent une partie des 10 000 emplois directs et 20 000 postes indirects rattachés à l’industrie du métal gris.

Pour le président de l’Association de l’aluminium du Canada, Jean Simard, le nombre de demandes d’aide pourrait commencer à grimper si Ottawa et Washington ne peuvent dénouer l’impasse. « Tout le monde est en mode découverte et c’est au fur et à mesure que l’on découvre l’impact des tarifs », a-t-il expliqué en entretien téléphonique.

Cette situation est bien différente de celle du conflit sur le bois d’oeuvre, où, pour l’instant, les tarifs américains ont directement été refilés aux consommateurs, épargnant ainsi les finances des forestières canadiennes.

Chez le transformateur Groupe Sotrem-Maltech, qui est établi à Saguenay, les mois de juin et de juillet ont été difficiles. Les tarifs douaniers ont temporairement grugé les marges jusqu’à hauteur de 25 %. L’entreprise, qui compte 60 % de ses clients au sud de la frontière, a néanmoins été en mesure de s’adapter grâce à des ententes avec ses fournisseurs ainsi que certains de ses acheteurs. Les temps sont également difficiles chez le fabricant de charpentes métalliques Groupe ADF, qui a enregistré une perte nette de 532 000 $ au deuxième trimestre, par rapport à un bénéfice de 1,9 million à la même période l’année précédente. Pour sa part, PCP Aluminium, qui exploite une usine à Saguenay, a toutefois dû se résigner à demander un prêt à Québec étant donné que 90 % de son marché se trouve aux États-Unis.