Nouvelles garanties de prêt pour l’économie sociale

L’organisme La Pépinière, Espaces collectifs réalise des espaces communautaires, comme les Jardins Gamelin à Montréal.
Photo: Catherine Legault Le Devoir L’organisme La Pépinière, Espaces collectifs réalise des espaces communautaires, comme les Jardins Gamelin à Montréal.

Un nouveau partenariat entre des fondations privées et la Caisse d’économie solidaire Desjardins permettra de fournir 15 millions en garanties de prêt à des entreprises et organismes d’économie sociale, qui peuvent se buter à certaines difficultés lorsqu’elles cherchent du financement.

En vertu du projet devant être annoncé mardi — auquel participent les fondations McConnell, Lucie et André Chagnon, et Mirella et Lino Saputo —, les emprunteurs auront accès à des sommes qui n’auraient pas été mises à leur disposition autrement.

L’initiative est venue de la Fondation McConnell, qui réfléchissait à des manières, au-delà des dons, de mettre son capital au service de sa mission. « Ils cherchaient une formule simple et souple », dit Luc Rabouin, directeur du développement stratégique à la Caisse d’économie solidaire Desjardins.

15 millions
C’est le montant en garanties de prêt qui sera disponible.

Un des problèmes auxquels se heurtent les entreprises d’économie sociale et les organismes a trait à leur statut légal, dit Erica Barbosa Vargas, directrice de la finance sociale à la Fondation McConnell. « Ils n’ont pas accès au crédit de la même façon que l’entreprise privée auprès des institutions financières, dit-elle. Et quand ils ont accès au crédit, ça peut être par l’entremise d’un fonds et ça peut parfois devenir très coûteux lorsqu’on fait le montage financier. »

Une cinquantaine de projets

Après le début des discussions avec la Caisse, la Fondation McConnell a invité les deux autres. « La conclusion, ç’a été que le plus simple, pour eux, consistait à offrir des lettres de garantie et de travailler avec une institution financière spécialisée dans le financement des entreprises d’économie sociale », dit M. Rabouin.

Le programme, d’une durée initiale de trois ans, pourrait profiter à plus d’une cinquantaine d’entreprises et d’organismes. Deux projets ont déjà été approuvés :

L’Association lavalloise de parents et amis pour le bien-être mental (ALPABEM) a obtenu un premier prêt de la Caisse selon le processus normal. Son projet d’acquisition d’immeuble est cependant devenu possible avec le programme de garantie, ce qui lui a permis d’obtenir un deuxième prêt.

L’organisme La Pépinière, Espaces collectifs, qui réalise des espaces communautaires comme l’esplanade du Parc olympique, souhaitait se constituer un fonds de roulement afin de mieux gérer l’aspect saisonnier de ses activités dans un contexte de forte croissance.

Un premier prêt est assorti d’un taux d’intérêt. Le deuxième prêt, avec garantie, est fait au même taux, mais il est majoré de frais de 1 % par année sur le solde du prêt. L’échéance des prêts se situe autour de cinq à sept ans.

« Dans tous les dossiers, on est toujours engagés, ajoute M. Rabouin. La Caisse fait son propre prêt et, quand on a besoin d’aller plus loin parce qu’on manque de garanties, on fait appel aux fondations. »