51 600 postes éliminés en août au Canada

L’Ontario a perdu 80 100 emplois le mois dernier, après en avoir gagné 60 600 en juillet.
Photo: Geoff Robins La Presse canadienne L’Ontario a perdu 80 100 emplois le mois dernier, après en avoir gagné 60 600 en juillet.

Le rapport sur le marché du travail canadien a offert des chiffres particulièrement volatils pour le mois dernier, qui ont montré que les gains réalisés au milieu de l’été avaient été pratiquement anéantis en août.

L’économie a perdu 51 600 emplois nets le mois dernier, ce qui a contribué à ramener le taux de chômage national à 6 %, alors qu’il avait été de 5,8 % en juillet, a rapporté vendredi Statistique Canada dans son enquête mensuelle sur la population active. La baisse du mois dernier, alimentée par la disparition de 92 000 postes à temps partiel, a éliminé la progression nette de 54 100 postes enregistrée en juillet. Cependant, le mois d’août comportait également un bon aspect : la création de 40 400 emplois à temps plein. « C’est un résultat un peu mitigé, mais certainement pas aussi mauvais que la manchette le suggère », a observé Brian DePratto, économiste principal de la Banque TD. « Un autre rapport en désordre, pour être franc […] C’est toujours un rapport qui fait du bruit, mais il semble que les derniers mois ont été particulièrement bruyants. »

6,0 %
Taux de chômage au Canada

Royce Mendes, économiste principal aux Marchés des capitaux CIBC, a résumé le rapport sur les emplois dans une note de recherche adressée à ses clients, intitulée Maintenant vous les voyez, maintenant vous ne les voyez pas. Il a décrit le rapport de Statistique Canada sur le marché du travail comme « toujours instable et parfois peu plausible ». « Bien que vous ne puissiez pas trop vous fier à la lecture de [l’enquête sur la population active], rien dans le rapport ne suggère que l’économie progresse rapidement », a écrit M. Mendes.

L’économiste ne s’attend pas à ce que les données soient suffisantes pour empêcher la Banque du Canada d’augmenter son taux d’intérêt directeur en octobre, mais si l’économie conserve sa « faible vitesse », le gouverneur de la banque centrale, Stephen Poloz, devra adopter une approche plus graduelle pour les hausses de taux.

Comparativement à 12 mois plus tôt, l’emploi au Canada était toujours en hausse de 0,9 %, grâce à l’ajout de 171 700 emplois, dont 326 100 postes à temps plein.

L’impact sur les salaires

La banque centrale portera également une attention particulière aux nouveaux signes de ralentissement des salaires au Canada, malgré le resserrement du marché du travail. Le rapport montre que la croissance du salaire horaire moyen, qui est étroitement étudiée par la Banque du Canada avant ses décisions sur les taux, a poursuivi sa baisse graduelle le mois dernier pour atteindre 2,9 % après avoir progressé de 3,2 % en juillet et de 3,6 % en juin.

Un examen plus approfondi des données d’août révèle encore plus de turbulences dans les chiffres d’un mois à l’autre. L’Ontario a perdu 80 100 emplois le mois dernier, après en avoir gagné 60 600 en juillet — les deux points de données étant presque entièrement attribuables aux fluctuations du travail à temps partiel. La baisse d’août, de 1,1 %, a été de loin la plus forte parmi les provinces. Le taux de chômage en Ontario est passé de 5,4 % à 5,7 %.

Peu de variations au Québec

5,6 %
Taux de chômage au Québec

Au Québec, l’emploi a peu varié le mois dernier, avec la disparition de 2300 emplois par rapport à juillet. Le taux de chômage provincial est demeuré inchangé à 5,6 %. Selon la lecture de l’Institut de la statistique du Québec, l’emploi à temps plein est en hausse de 16 500, tandis que celui à temps partiel fléchit de 18 800. L’emploi augmente de 21 900 chez les travailleurs indépendants, alors que le secteur public et le secteur privé subissent une baisse de 5500 et 18 800 emplois respectivement. Le taux d’activité (–0,1 point) et le taux d’emploi (–0,1 point) fléchissent et se fixent respectivement à 64,4 % et 60,8 % en août.

Au cours des huit premiers mois de 2018, comparativement à la même période de l’année précédente, l’emploi au Québec a augmenté de 53 800 (+1,3 %). Au cours de cette période, l’emploi à temps plein a progressé de 87 500, alors que celui à temps partiel a diminué de 33 800.

Avec Le Devoir