La convention collective freine la transformation, dit la Laurentienne

Le contrat de travail des syndiqués représentés par la section locale 434 du Syndicat des employés professionnels et de bureau (affilié à la FTQ) est échu depuis le 31 décembre.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Le contrat de travail des syndiqués représentés par la section locale 434 du Syndicat des employés professionnels et de bureau (affilié à la FTQ) est échu depuis le 31 décembre.

L’impasse dans les négociations visant à renouveler le contrat de travail d’environ 1200 de ses employés oblige la Banque Laurentienne à remettre à plus tard l’abandon de services au comptoir dans son réseau de succursales au Québec.

La seule institution financière syndiquée souhaitait atteindre cet objectif à la fin de l’année dans le cadre de son plan de transformation. Toutefois, la lenteur des pourparlers fait en sorte que la conversion se poursuivra de manière progressive l’an prochain pour permettre à la Laurentienne d’être une « institution financière renouvelée d’ici 2022 ». À l’heure actuelle, 23 des 103 succursales de la septième banque en importance au pays ont délaissé les services au comptoir à la faveur du service-conseil.

Le contrat de travail des syndiqués représentés par la section locale 434 du Syndicat des employés professionnels et de bureau (affilié à la FTQ) est échu depuis le 31 décembre. Les discussions se poursuivent en présence d’un conciliateur.

« Le processus est lent, a dit le président et chef de la direction de la Laurentienne, François Desjardins, qui a manifesté son impatience devant les analystes qui ont posé plusieurs questions sur le sujet. J’ignore l’échéancier. On m’a dit d’être patient. » Dans son rapport trimestriel, la Laurentienne signale d’ailleurs que sa performance financière pourrait souffrir d’une « grève des employés syndiqués, un lockout ou toute autre perturbation de travail » si une nouvelle entente n’est pas négociée en « temps opportun ».

Par ailleurs, même si elle dit avoir tourné la page sur l’affaire des prêts hypothécaires problématiques vendus à des tiers, la Laurentienne a livré des résultats inférieurs à ses objectifs au troisième trimestre, notamment en raison de charges de restructuration, d’une baisse des marges et d’une contraction du portefeuille de prêts hypothécaires résidentiels. Au trimestre terminé le 31 juillet, la Laurentienne a racheté pour 135 millions de dollars de prêts jugés irréguliers à l’organisme fédéral. Néanmoins, cette affaire, qui avait été dévoilée en décembre dernier, a coûté environ 520 millions à la banque.

Son bénéfice net est demeuré pratiquement inchangé, à 54,9 millions. Par action, le profit net a été de 1,23 $, en baisse par rapport à 1,48 $ par action au troisième trimestre l’an dernier, alors qu’il y avait moins d’actions en circulation. Abstraction faite des éléments non récurrents, le profit ajusté de la banque a été de 59,4 millions, ou 1,34 $ par action, comparativement à 59,9 millions ou 1,63 $ par action, à la même période l’an dernier.