Les éleveurs de porcs du Québec demandent l’aide des gouvernements

Le prix courant pour le porc est établi aux États-Unis et appliqué partout sur le continent.
Photo: Scott Olson Getty Images Agence France-Presse Le prix courant pour le porc est établi aux États-Unis et appliqué partout sur le continent.

Aux prises avec une importante baisse des prix qui découle du conflit qui oppose Washington à la Chine et au Mexique, Les Éleveurs de porcs du Québec demandent aux gouvernements québécois et fédéral de leur venir en aide rapidement avec une enveloppe spéciale de 50 millions pour traverser « cette tempête sans précédent ».

Établi aux États-Unis et appliqué partout sur le continent, le prix courant a perdu près de 50 % cet été dans la foulée des tarifs imposés par Pékin et Mexico sur le porc américain. D’environ 2,30 $US le kilo au début de l’été, il est passé à 1,20 $US le kilo et asphyxie les finances des producteurs québécois.

« Ça fait 20 ans qu’on n’a pas vu une situation aussi dramatique », a dit lors d’un entretien le président des Éleveurs de porcs du Québec, David Duval. « Il n’y a pas un producteur aujourd’hui qui arrive à payer ses factures facilement. […] Tout le monde gruge son bas de laine. »

Lui-même producteur en Montérégie, M. Duval dit avoir rencontré le ministre de l’Agriculture, Laurent Lessard, la semaine dernière. Celui-ci, toutefois, ne se représente pas aux élections. Les éleveurs doivent aussi rencontrer des gens du ministère cette semaine.

Le regroupement compte 2800 membres dont la main-d’oeuvre s’élève à 26 500 personnes au Québec. Environ 70 % de la production québécoise est exportée, celle-ci représentant près de la moitié des exportations canadiennes.

De l’aide au sud de la frontière

Les dépenses d’investissement figurent d’habitude au premier rang des choses que cessent les éleveurs lorsque les prix reculent, a dit M. Duval. « La deuxième phase, c’est le rationnement. On réduit la main-d’oeuvre, on réduit ses heures, on en fait plus nous-mêmes, etc. Après ça, les producteurs se posent des questions sur l’avenir. »

Les producteurs citent comme exemples les mesures financières de plus de 860 millions que le gouvernement Couillard a annoncées au milieu du mois d’août pour épauler les entreprises et les travailleurs touchés par les tarifs douaniers à la frontière américaine. Ce montant, qui s’étale sur cinq ans, comprend une réduction des cotisations au Fonds des services de santé, des mesures relatives à la formation de la main-d’oeuvre et une majoration du crédit d’impôt à l’investissement.

« Nous vivons une situation exceptionnelle qui commande une réponse exceptionnelle », a affirmé le premier ministre Philippe Couillard le 15 août. Il se croisait alors les doigts pour une entente rapide dans les négociations de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) entre les États-Unis, le Mexique et le Canada. « En attendant ce dénouement, nous devons agir sans délai pour protéger nos entreprises et travailleurs. »

La production porcine ne fait pas partie des secteurs couverts par le système canadien de gestion de l’offre, qui contrôle la production afin de stabiliser les prix obtenus par les producteurs. Le système couvre le lait, les poulets, les dindons, les oeufs de consommation et les oeufs d’incubation.

Pour aider ses producteurs porcins, Washington a dévoilé un plan d’aide ambitieux. Le gouvernement américain s’est notamment engagé à acheter pour 560 millions de dollars de produits du porc, qui seront ensuite distribués aux bénéficiaires de programmes d’aide alimentaire. Il a aussi promis 200 millions pour travailler à l’ouverture de nouveaux marchés susceptibles d’acheter les produits agricoles américains, dont le porc.

Les tarifs imposés sur le porc américain par la Chine, principal producteur et acheteur mondial, ont atteint 37 % au printemps et 62 % cet été.