Le PQ promet de décentraliser les décisions en région

Le chef péquiste, Jean-François Lisée
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Le chef péquiste, Jean-François Lisée

Le Parti québécois promet de décentraliser les processus décisionnels des régions en affranchissant ces dernières du « veto » de Québec dans l’utilisation de leurs fonds.

« Vive les régions libres ! », a lancé le chef Jean-François Lisée lors d’un point de presse organisé sur le bord de la baie des Sept Îles, dimanche matin.

Par la réinjection de 83 millions de dollars sur quatre ans, le PQ dit vouloir « annuler les coupes budgétaires régionales libérales ».

À l’aide d’une « formule de régionalisation », il souhaite remettre des montants à des instances régionales afin qu’elles veillent elles-mêmes au développement économique local.

Le PQ n’a pas voulu préciser quelles institutions régionales mettraient la main sur les montants ainsi transférés. « L’important, c’est que vous organisiez cette instance-là, qu’elle soit représentative de toute la région — personne ne peut être exclu de cette instance-là », a affirmé Jean-François Lisée. « Nous ne voulons pas dicter aux régions la forme de leur instance de concertation régionale. Bien sûr, ça se fait autour de la table des préfets. C’est le noyau », a répondu Jean-François Lisée.

Au Québec, la majorité des MRC sont représentées par des préfets qui ne sont pas élus au suffrage universel.

Les maires continuent pour la plupart d’élire leur préfet parmi eux. S’il s’est dit en faveur de l’introduction — en cours — du suffrage universel, Jean-François Lisée a cependant ajouté qu’il ne voyait pas dans la désignation de préfets un obstacle à la gestion démocratique des fonds. « Il y a des préfets qui ne sont pas élus comme préfets, mais ils sont tous élus quelque part », a-t-il fait valoir.

À son avis, « la vraie confiance aux régions » se reflète dans la capacité de dire : « vous êtes responsables ». « Vous n’aurez plus de veto de Québec, vous n’aurez plus de tutelle de Québec », a-t-il promis.

L’enveloppe remise aux régions serait fixée selon des critères « qui incluent la démographie, la vitalité, la dévitalité », a-t-il illustré. « On va les rediscuter dans les discussions avec les régions dans la loi-cadre qui va créer ça dès la première année. »

La promesse péquiste prévoit aussi l’octroi de fonds régionaux pour la totalité d’un cycle électoral municipal, c’est-à-dire quatre ans. Des postes de vérificateurs régionaux seraient aussi créés pour veiller à la bonne gestion des fonds.

Le PQ perd une candidate

Mercredi dernier, pendant que le Parti québécois écartait son candidat dans Drummond–Bois-Francs, une autre candidate péquiste annonçait qu’elle renonçait à briguer les suffrages — cette fois dans la circonscription de Laporte. 

Dans une publication Facebook passée sous le radar médiatique, Barbara Guy a annoncé le 29 août qu’elle ne porterait finalement plus les couleurs du PQ dans le château-fort libéral de Laporte, en Montérégie. 

« L’établissement d'enseignement où je travaille m’a confié un mandat professoral plus important que ce à quoi je m’attendais, et qui serait difficile de concilier avec le rythme effréné d’une campagne électorale », a-t-elle écrit. « Je continuerai de m’impliquer au Parti Québécois […] et j’ai très hâte de militer à travers ses différentes instances », a-t-elle ajouté. 

Le parti a réagi à son annonce dimanche. « Barbara Guy a choisi il y a quelques jours de ne pas être candidate, notamment vu la charge de travail. Elle a décidé, d’un commun accord avec le parti, de se retirer, mais demeure militante », a affirmé l’attaché de presse Mathieu Lavigne. « Elle sera remplacée sous peu par un autre candidat. »

Le PQ a obtenu sa dernière victoire dans Laporte en 1976.