Les travailleurs du chantier Trans Mountain laissés en plan

Le terminal portuaire de Trans Mountain, à Burnaby
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne Le terminal portuaire de Trans Mountain, à Burnaby

Les travailleurs et les entreprises qui devaient travailler au chantier de l’élargissement de l’oléoduc Trans Mountain ne savent plus où donner de la tête alors que le projet vient d’être suspendu par le tribunal.

Ryan Bruce, directeur des relations gouvernementales et publiques du syndicat CLAC (Christian Labour Association of Canada), affirme que certains travailleurs ont été renvoyés à la maison à la suite de la décision de la Cour d’appel fédérale, rendue jeudi, d’annuler l’approbation du projet par Ottawa.

Toujours selon M. Bruce, les travailleurs sont conviés à une réunion avec leurs employeurs au début de la semaine prochaine pour discuter des prochaines étapes et de faire état de la situation.

« Les avis de licenciement officiels n’ont pas encore été publiés, on attend de savoir ce qui se passera la semaine prochaine », a commenté le porte-parole syndical.

Les travaux de construction à l’extrémité ouest de l’oléoduc ont débuté il y a trois jours, mais tout a été stoppé au moment où la décision judiciaire a été rendue, a expliqué Ryan Bruce.

« Nos membres étaient contents de travailler, a-t-il souligné. Ils s’attendaient à un emploi à long terme avec ce projet et d’entendre la nouvelle à la radio en se levant jeudi matin, c’était une surprise pour nous tous. »

Richard Masson, membre de la direction de l’école de politique publique de l’Université de Calgary et ancien directeur de la Petroleum Marketing Association, soutient que les temps sont difficiles pour les travailleurs qualifiés, car les projets de sables bitumineux se font rares.

« Ces gars-là vont être assis à la maison en attendant que quelque chose d’autre survienne, a-t-il dit. Il n’y a aucun projet aussi grand que celui-là. »

Par courriel, Trans Mountain a précisé que plus de 2000 personnes travaillaient sur le chantier et qu’on s’attendait à ce que ce nombre passe à 5000 travailleurs d’ici le milieu de l’année prochaine.

Richard Masson prévoit que la fermeture du chantier aura un impact négatif sur l’économie. Il explique que plusieurs jeunes trouvent des emplois dans ce secteur, qu’ils fondent ensuite des familles, achètent des maisons, de l’équipement récréatif et font des voyages, mais ils vont désormais devoir surveiller leurs dépenses.

David Hoff, porte-parole de Ledcor Industries Inc., confirme que le partenariat Kiewit Ledcor Trans Mountain travaille en étroite collaboration avec Trans Mountain pour suspendre les travaux de manière sûre et ordonnée. Le partenariat a été formé pour construire la section du « Lower Mainland » du projet, qui comprend les 35 derniers kilomètres de l’oléoduc entre Langley et Burnaby.