Lockout chez ABI: rencontre aux États-Unis et appui des chefs sollicité

Les travailleurs d’ABI ont manifesté en février devant l’Assemblée nationale, à Québec. Ils interpellent maintenant les chefs des partis pour qu’ils se positionnent sur le conflit.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Les travailleurs d’ABI ont manifesté en février devant l’Assemblée nationale, à Québec. Ils interpellent maintenant les chefs des partis pour qu’ils se positionnent sur le conflit.

Alors que le Syndicat des Métallos, qui représente les 1030 travailleurs d’ABI en lockout, se rendra aux États-Unis la semaine prochaine pour rencontrer la haute direction d’Alcoa, il sollicite le plus d’appuis possibles de la part des chefs politiques en campagne électorale.

La rencontre avec la haute direction d’Alcoa aura lieu le 6 septembre à Pittsburgh. Non seulement le Syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, y sera, mais aussi son pendant américain, la United Steelworkers, qui négocie les conventions collectives pour le secteur de l’aluminium aux États-Unis.

Et le médiateur spécial nommé par le ministère du Travail, Lucien Bouchard, qui s’était dit prêt à appuyer cette rencontre au sommet, y assistera aussi, a précisé au cours d’une entrevue, mardi, Clément Masse, président de la section locale 9700 du Syndicat des Métallos.

Optimiste, mais réaliste

La rencontre aura lieu après près de huit mois de lockout à l’Aluminerie de Bécancour, le principal employeur de la région. Le lockout avait été décrété par la direction le 11 janvier dernier, après le rejet des offres patronales. « Il faut que je demeure optimiste, mais je reste quand même réaliste. Je ne sais pas si la rencontre va faire avancer les choses ; on l’espère », a confié M. Masse.

La direction d’ABI continue d’exploiter l’usine pendant le lockout, mais à raison d’une série de cuves sur trois seulement. Elle continue aussi de profiter d’un tarif d’hydroélectricité avantageux.

On trouve que ça n’a pas d’allure qu’une compagnie comme Alcoa ou Rio Tinto s’installe au Québec, profite des avantages que procurent les ressources naturelles [...] puis puisse mettre des gens en conflit pendant six, sept mois et continuer de bénéficier de ces avantages-là

 

Les questions du régime de retraite et du respect de l’ancienneté dans les mouvements de main-d’oeuvre étaient au coeur du litige. Mais depuis le début du conflit, la direction est revenue à la charge avec d’autres demandes de concession. Elle avait expliqué qu’il lui fallait encore réduire certains coûts et que son offre finale, qui avait été rejetée, ne tenait plus.

Dans une déclaration transmise par écrit, une porte-parole d’Alcoa a indiqué que l’entreprise « apprécie la recommandation de M. Lucien Bouchard et a accepté de rencontrer la direction du syndicat à Pittsburgh. Alcoa réitère que le comité de négociation d’ABI détient l’appui entier de la haute direction de l’entreprise. »

Élections

Entre-temps, le syndicat mise sur la campagne électorale qui a cours au Québec pour recueillir le plus d’appuis possible. Mercredi, il doit rencontrer Gabriel Nadeau-Dubois, de Québec solidaire. Jeudi dernier, des représentants ont pu rencontrer le premier ministre sortant, Philippe Couillard, qui s’était dit prêt à « tout faire » pour faciliter le règlement de ce difficile conflit de travail.

M. Masse espère rencontrer également le chef péquiste Jean-François Lisée et le chef caquiste François Legault.

« On veut interpeller tous les chefs de parti pour qu’ils se positionnent, [pour savoir] ce qu’ils vont faire, parce que nous, on trouve que ça n’a pas d’allure qu’une compagnie comme Alcoa ou Rio Tinto s’installe au Québec, profite des avantages que procurent les ressources naturelles, comme l’hydroélectricité au Québec, puis puisse mettre des gens en conflit pendant six, sept mois et continuer de bénéficier de ces avantages-là », a protesté M. Masse.