L’entente commerciale galvanise la Bourse américaine

Vedette de la journée, le Nasdaq est en hausse de 16% depuis le début de l’année.
Photo: Spencer Platt Getty Images / AFP Vedette de la journée, le Nasdaq est en hausse de 16% depuis le début de l’année.

Dopée par l’accord commercial conclu entre les États-Unis et le Mexique, la Bourse de New York a terminé en nette hausse lundi, emmenant les indices Nasdaq et S P 500 vers de nouveaux records. L’indice Nasdaq, à forte coloration technologique, a gagné 0,9 % pour terminer à 8017,90 points, dépassant ainsi pour la première fois le seuil symbolique des 8000 points. L’indice élargi S&P 500 s’est apprécié de 0,8 % à 2896,74 points.

L’indice symbolique de la place new-yorkaise, le Dow Jones, a, lui, pris 1 % à 26 049,64 points. Il repasse à cette occasion au-dessus du seuil des 26 000 points qu’il n’avait plus franchi depuis février.

Vedette de la journée, le Nasdaq est en hausse de 16 % depuis le début de l’année. Il avait franchi le seuil des 7000 points en décembre dernier, moins de huit mois après avoir dépassé celui des 6000 points.

0,9 %
C’est le pourcentage gagné par l’indice Nasdaq, qui a terminé à 8017,90 points.

Les échanges ont été animés par l’officialisation, après de longues semaines de négociations dans le cadre de la révision de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), d’un accord entre Washington et Mexico. « Si le Canada approuve les nouveaux termes de l’accord, une grande partie du commerce américain serait alors protégée de nouvelles barrières douanières, ce qui retire un élément majeur de risque » à Wall Street, a souligné Ken Berman de Gorilla Trades.

« Le marché commence à reconnaître que le fait d’imposer des taxes à l’importation relevait surtout d’une tactique de négociations et que Trump va y mettre fin », a estimé de son côté Maris Ogg de Tower Bridge Advisors. Même s’il est encore prématuré selon elle de se réjouir complètement, « le simple fait de diminuer les incertitudes [sur le sujet du commerce] améliore les perspectives » pour les indices.

Et comme le marché des actions bénéficie par ailleurs d’un environnement plutôt encourageant, entre des résultats d’entreprises étincelants et des indicateurs économiques solides, les investisseurs « se sentent en confiance », a souligné Mme Ogg. La remontée du yuan après l’annonce par la banque centrale chinoise d’un ajustement de sa politique monétaire pour empêcher une nouvelle chute trop brusque de sa devise a aussi participé à l’optimisme des courtiers. Ce mouvement « est considéré par certains acteurs du marché comme le signe encourageant que la Chine n’est pas en train de délibérément affaiblir le yuan pour atténuer l’impact d’une guerre commerciale », a remarqué Patrick O’Hare.

La montée des indices à de nouveaux sommets est aussi liée selon lui à « la peur de rater l’occasion d’engranger des profits » : le S P 500, l’indice le plus observé des courtiers de Wall Street, a progressé de 12 % depuis un creux en avril. Wall Street montait déjà après le discours jugé rassurant prononcé vendredi par le président de la Réserve fédérale. Jerome Powell a appuyé le scénario d’une poursuite de la hausse des taux en défendant une approche pragmatique de la politique monétaire et il a écarté le risque d’une accélération marquée de l’inflation.

« La suppression de la question commerciale contribue à porter le marché, car cela enlève un grand point d’interrogation », dit Robert Pavlik, responsable de la stratégie d’investissement chez SlateStone Wealth. « Le président ressent probablement une certaine pression de la part de certains secteurs du marché qui ont subi les effets [des tensions commerciales]. Particulièrement quand une grande partie de ces droits de douane frappait [sa] base électorale. »

Automobiles canadiennes

Parmi les valeurs les plus sensibles aux tensions commerciales, Caterpillar et 3M, poids lourds de l’industrie mondiale, ont gagné respectivement 2,8 % et 1,5 %, deux des meilleures performances du Dow.

Ford, General Motors et Fiat Chrysler ont pris pour leur part entre 3,2 % et 4,8 % alors que le secteur automobile est au coeur des relations commerciales entre les États-Unis et le Mexique. La performance de ces derniers met plus crûment en lumière les déboires actuels de Tesla. Le constructeur de voitures électriques a lâché 1,1 % après l’annonce vendredi soir de l’abandon du projet de retrait de la Bourse annoncé le 7 août par son p.-d.g., Elon Musk.

Du côté canadien, un accord commercial potentiel entre les États-Unis et le Mexique a été accueilli avec un optimisme prudent dans le secteur automobile, malgré les nouvelles menaces de tarifs du président américain. Si les accords sur le contenu automobile et les accords salariaux étaient adoptés avec le Canada, ils pourraient amoindrir les transferts d’emplois du secteur automobile vers des endroits où les salaires sont moins élevés, a estimé le président du syndicat Unifor, Jerry Dias. « Je crois que cela pourrait mettre fin à l’hémorragie au Canada. »

M. Dias s’est dit inquiet que M. Trump ait lié les tarifs potentiels sur le secteur automobile canadien à des concessions sur le système de gestion de l’offre agricole, mais a noté que cela n’était pas nouveau. « C’est beaucoup de rhétorique, mais ultimement, c’est la rhétorique depuis le début. Il dit qu’il va imposer des tarifs si nous ne faisons pas d’importants changements dans l’importation des produits agricoles. »

Les investisseurs ont aussi accueilli favorablement la nouvelle, stimulant les actions des constructeurs automobiles des deux côtés de la frontière. Le fabricant canadien de pièces automobiles Martinrea International a vu son titre augmenter de 6,2 %, tandis que celui de Linamar a pris 6,6 % et celui de Magna International, 4,2 %, à la Bourse de Toronto.

Avec Le Devoir