L’Australie exclut les chinois Huawei et ZTE de son marché de la 5G

L’Australie estime que des sociétés liées à des gouvernements étrangers, comme ZTE ou Huawei, présentent un risque pour sa sécurité.
Photo: Ng Han Guan Associated Press L’Australie estime que des sociétés liées à des gouvernements étrangers, comme ZTE ou Huawei, présentent un risque pour sa sécurité.

L’Australie a annoncé jeudi que les géants chinois des télécoms Huawei et ZTE seraient exclus du déploiement du réseau 5G (Internet mobile à très haut débit) sur son sol, Canberra estimant que les sociétés liées à des gouvernements étrangers présentent un risque pour la sécurité.

Le gouvernement fédéral a déclaré dans un communiqué que « l’implication de fournisseurs [de matériel de télécommunication] susceptibles d’être soumis à des décisions extrajudiciaires d’un gouvernement étranger en conflit avec la loi australienne » constituait un risque pour la sécurité.

« C’est un résultat extrêmement décevant pour les consommateurs », a estimé Huawei jeudi sur Twitter. « Huawei est un leader mondial en 5G », ajoute la société, rappelant qu’elle a « livré la technologie sans fil en toute sécurité » en Australie depuis près de 15 ans.

De son côté, la diplomatie chinoise s’est dite jeudi « sérieusement préoccupée » par la décision australienne.

Canberra recourt à « toutes sortes de prétextes pour édifier des barrières et adopter des mesures discriminatoires », s’est indigné Lu Kang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Huawei est l’un des plus importants fournisseurs mondiaux d’équipements et de services de télécommunications, mais était également au deuxième trimestre de l’année le numéro un mondial des ventes de téléphones intelligents, selon le cabinet IDC, devant le duopole Apple-Samsung.

En revanche, le groupe chinois, fondé en 1987 par un ex-ingénieur de l’armée chinoise, fait l’objet de vives suspicions d’espionnage aux États-Unis, où il a été banni des projets d’infrastructures américains pour des raisons invoquées de sécurité nationale.

De son côté, le géant chinois des télécoms ZTE avait été, comme Huawei, au coeur d’avertissements de parlementaires américains, qui avaient dénoncé les risques de sécurité et d’espionnage associés selon eux aux équipements télécoms des deux groupes.

Pour les mêmes motifs, Huawei avait déjà été exclu des appels pour un ambitieux projet national de haut débit en Australie en 2012, Canberra ayant alors pointé ses préoccupations en matière de cybersécurité.