Un consortium dirigé par Air Canada met la main sur Aéroplan

Le transporteur aérien a créé un partenariat avec la Banque CIBC, la TD et Visa.
Photo: Jacques Grenier Le Devoir Le transporteur aérien a créé un partenariat avec la Banque CIBC, la TD et Visa.

Après des semaines de négociations, Aimia a finalement accepté de vendre Aéroplan dans le cadre d’une transaction de 450 millions qui soulève des doutes sur les projets de partenariat développés avec certains transporteurs cet été.

Le montant versé par Air Canada, la Banque CIBC, la TD et Visa représente près du double des 250 millions allongés à la fin du mois de juillet, lorsque le consortium a causé la surprise en annonçant l’offre pour un programme qu’Air Canada avait pourtant décidé d’abandonner l’an dernier.

« Les membres Aéroplan peuvent continuer d’accumuler et d’échanger des milles en toute confiance », a affirmé le président d’Air Canada, Calin Rovinescu. « Si elle se concrétise, la transaction produira le meilleur scénario possible pour les actionnaires d’Aimia ainsi que pour les membres Aéroplan. Elle permettra la transition harmonieuse des points des membres Aéroplan vers le nouveau programme de fidélisation d’Air Canada qui sera lancé en 2020. »

Changements prévus

Transaction ou pas, « vos points auraient été en sécurité », a dit Patrick Sojka, experts en programmes de fidélisation et fondateur du site Rewards Canada (rewardscanada.ca). « Je pense que les gens vont pouvoir continuer à utiliser le programme de la façon qu’ils connaissent déjà. »

Peu avant l’offre de la fin du mois de juillet, Aimia avait signalé son intention de faire modifier le programme Aéroplan à compter de juillet 2020, notamment en permettant aux membres de réserver « n’importe quel siège auprès de n’importe quelle compagnie aérienne, partout et en tout temps ». La compagnie a aussi annoncé des partenariats avec Transat, Porter et Flair Airlines.

« Je pense que ces partenariats ne vont peut-être pas se concrétiser, car il s’agit de concurrents d’Air Canada », a dit M. Sojka. « Et puis, voler avec n’importe quelle compagnie n’importe quand, ça pourrait ne pas voir le jour non plus. Pourquoi Air Canada permettrait-il à ses passagers de choisir WestJet alors qu’ils pourraient prendre Air Canada ? »

Invité à dire si Air Canada entend abandonner ou conserver l’idée de permettre aux membres Aéroplan de choisir n’importe quel transporteur, le service des communications de l’entreprise n’a pas voulu faire de commentaires, car la « transaction n’est pas finalisée ».

« Dès le début des discussions, nous étions bien conscients que cette possibilité pouvait se produire », a indiqué dans une déclaration écrite le chef de la distribution de Transat, Joseph Adamo. « C’est pourquoi nous avions prévu de conclure une entente définitive avec Aimia à une date ultérieure. Nous sommes en discussion avec Aimia pour convenir de la suite que nous allons donner au projet. »

Le consortium dirigé par Air Canada a dit que le conseil d’administration d’Aimia a donné sa bénédiction à la transaction. De plus, le principal actionnaire d’Aimia, Mittleman Investment Management, qui détient 17,6 % des actions ordinaires, s’est engagé à voter pour l’offre.

Outre le versement de 450 millions, l’entente prévoit la prise en charge de 1,9 milliard de dollars en points Aéroplan.

Avant d’être finalisée, la transaction devra être précédée d’une vérification diligente et de la conclusion, par le consortium, « d’ententes de programme de fidélité de carte de crédit et de réseaux en vue d’une participation future dans le nouveau programme de fidélisation d’Air Canada ».

À la Bourse de Toronto, l’action d’Aimia a gagné un peu moins de 10 % mardi pour s’établir à 4,21 $. Quand Air Canada a annoncé en 2017 qu’il larguerait le programme en 2020, l’action était passée de 9 $ à 2 $.