Les syndiqués d’Air France attendent le nouveau patron de pied ferme

Des salariés d'Air France manifestent devant le siège de la compagnie à l'aéroport Charles de Gaulle, lors d'une grève de deux jours en avril dernier.
Photo: Philippe Lopez Agence France-Presse Des salariés d'Air France manifestent devant le siège de la compagnie à l'aéroport Charles de Gaulle, lors d'une grève de deux jours en avril dernier.

Les syndiqués du transporteur aérien Air France-KLM attendent d’un pied ferme leur nouveau chef de la direction, l’ancien chef de l’exploitation d’Air Canada, Benjamin Smith.

La nomination de M. Smith a été annoncée jeudi. Il deviendra le premier grand patron de la ligne aérienne franco-hollandaise dont la nationalité n’est pas française.

Un représentant du syndicat CDT-Air France, Vincent Salles, a déclaré vendredi, sur les ondes de France Info, que les syndicats craignent que la mission de M. Smith ne soit de mettre en place des mesures qui vont « détériorer les conditions de travail et les salaires ».

Les syndicats s’inquiètent aussi de voir M. Smith développer les filiales à bas prix du transporteur, au détriment de la bannière principale Air France.

Dans un communiqué publié avant l’annonce du conseil d’administration d’Air France, neuf syndicats s’étaient opposés à la nomination d’un étranger à la tête de la compagnie, au nom de « la défense des intérêts de notre compagnie nationale ».

Les représentants syndicaux se réuniront le 27 août pour discuter d’éventuels mouvements de grève.

M. Smith remplacera Jean-Marc Janaillac, qui a démissionné il y a plus de trois mois, lorsque son personnel a rejeté son offre salariale visant à mettre fin à une série de grèves.

L’homme de 46 ans, qui avait agi en tant que négociateur en chef pendant les négociations précédant la mise sur pied de la filiale à bas prix Rouge d’Air Canada, se retrouvera dans un marché où les conflits de travail sont nombreux.

Les pilotes d’Air France, de Brussels Airlines et de Ryanair ont tous débrayé dans les derniers mois.