CAE veut profiter de la hausse des dépenses militaires des États-Unis

Donald Trump (à gauche) observait un exercice d'assaut aérien à Fort Drum, dans l'État de New York, lundi. Selon le patron de CAE, l’appétit du président américain pour les dépenses du secteur de la défense représente une aubaine pour la société montréalaise.
Photo: Brendan Smialowski Agence France-Presse Donald Trump (à gauche) observait un exercice d'assaut aérien à Fort Drum, dans l'État de New York, lundi. Selon le patron de CAE, l’appétit du président américain pour les dépenses du secteur de la défense représente une aubaine pour la société montréalaise.

Le patron du spécialiste des simulateurs de vol CAE a estimé mardi que l’appétit du président américain, Donald Trump, pour les dépenses du secteur de la défense représentait une aubaine pour la société montréalaise.

« Au chapitre de la défense, les budgets continuent d’augmenter dans le monde entier, et aux États-Unis, ils atteignent des sommets historiques », a affirmé mardi le président et chef de la direction de CAE, Marc Parent, à l’occasion de l’assemblée annuelle des actionnaires de l’entreprise.

M. Trump a signé lundi un projet de loi sur les dépenses de défense de 716 milliards $US pour 2019, soit une augmentation de 82 milliards $US par rapport à 2017 et une hausse spectaculaire par rapport à la plupart des budgets militaires des années Obama.

Pour CAE, l’acquisition, plus tôt en août, de la firme de Virginie Alpha-Omega Change Engineering ouvre la porte à des participations à des « missions top secrètes », principalement hors des États-Unis, a indiqué M. Parent aux journalistes.

Un accord entre le gouvernement américain et une filiale de CAE permet à un conseil composé de deux généraux américains et d’un responsable de la sous-traitance militaire de superviser les contrats de haute sécurité, a-t-il ajouté.

« Cela nous ouvre un marché potentiel supplémentaire de 3 milliards, ce qui porte notre marché mondial à 17 milliards », a précisé M. Parent.

En ce qui concerne le contenu des missions secrètes, il s’est contenté de répondre : « Vous pouvez spéculer pendant toute la journée. »

M. Parent a défendu la manière dont CAE pourrait profiter d’un contexte dans lequel les dépenses militaires grimpent au sud de la frontière, la Maison-Blanche a recours à un langage plus combatif et une nouvelle branche des services armés est créée pour mener des guerres dans l’espace.

« Ce n’est certainement pas offensant », a fait valoir M. Parent à propos des programmes de formation et de simulation de CAE. « C’est destiné aux forces de défense et de sécurité et aux opérations de recherche et de sauvetage. »

« Pour moi, il y a un avantage sociétal à ce que nous faisons. Cela aide le personnel à exécuter ses missions et à sauver des vies, a-t-il noté. Je ne le vois pas comme quelque chose de négatif. »

Lors de l’assemblée annuelle des actionnaires de CAE, qui se déroulait au siège social de l’entreprise, à Montréal, l’ancien ministre fédéral des Finances John Manley a été nommé président du conseil d’administration. M. Manley, actuel président et chef de la direction du Conseil canadien des affaires, remplacera James Hankinson à la barre du conseil.

Profits en hausse

CAE, dont les activités se déroulent dans environ trois dizaines de pays, a vu ses revenus annuels augmenter de 5 %, d’une année à l’autre, pour atteindre 2,83 milliards en 2018. Des commandes records pour la division de l’aviation civile ont fait grimper le bénéfice d’exploitation de ce secteur de 12 %.

Pour le premier trimestre clos le 30 juin, CAE a affiché un bénéfice net attribuable aux actionnaires de 69,4 millions, ou 26 ¢ par action. Cela se compare à un bénéfice de 59,6 millions, ou 22 ¢ par action, au même trimestre un an plus tôt.

Les revenus trimestriels ont totalisé 722 millions, en hausse par rapport à ceux de 656,2 millions du même trimestre l’an dernier.

En outre, CAE a annoncé une hausse de son dividende trimestriel, qui passera de 9 ¢ par action à 10 ¢ par action. Le prochain paiement sera versé le 28 septembre aux actionnaires inscrits en date du 14 septembre.

À la Bourse de Toronto, l’action de CAE a cédé mardi 82 ¢, soit 3,1 %, pour clôturer à 26 $.