L’économiste Samir Amin, figure de l’altermondialisme, est décédé

Samir Amin en 2012
Photo: CC Rosa-Luxemburg-Stiftung Samir Amin en 2012

L’économiste franco-égyptien Samir Amin, figure de proue de l’altermondialisme qui vivait à Dakar, est décédé dimanche à Paris à l’âge de 87 ans, a annoncé le président sénégalais Macky Sall dans un communiqué.

« La pensée économique contemporaine perd une de ses illustres figures », a affirmé Macky Sall lundi sur son compte Twitter, présentant ses condoléances « au nom de toute la nation » et saluant un homme qui a « consacré toute sa vie au combat pour la dignité de l’Afrique, à la cause des peuples et aux plus démunis ».

   

Il s’est éteint « après une brève période de perte de mémoire causée par une tumeur au cerveau et des souffrances », a écrit pour sa part l’économiste sénégalais Chérif Salif Sy sur le réseau social LinkedIn, soulignant que « le monde a perdu un grand penseur et militant ».

Présenté comme un théoricien des relations de domination Nord-Sud, du marxisme et du maoïsme, Samir Amin était l’une des figures de proue des mouvements altermondialistes.

Il a beaucoup écrit sur le droit, la société civile, le socialisme, le colonialisme et le développement, particulièrement en Afrique et dans le monde arabe. En 1973, il a notamment publié Le développement inégal : Essai sur les formations sociales du capitalisme périphérique.

Né au Caire en 1931, formé à Paris dans les années 1950, Samir Amin a travaillé de 1957 à 1960 dans l’administration égyptienne du développement économique puis au sein du gouvernement malien, avant d’être nommé professeur aux universités françaises de Poitiers et Vincennes, ainsi qu’à Dakar, selon le site des éditions de Minuit.

En France, sa mémoire a été saluée par les communistes français : « Les internationalistes que nous sommes se sentent aujourd’hui un peu orphelins », a indiqué Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, dans un communiqué.

Il a rendu hommage à un « militant des luttes anti-coloniales et pour l’indépendance des peuples du Tiers Monde », qui a « contribué à briser le joug des aliénations sous toutes leurs formes ».