PKP a besoin de plus de liberté

Pierre Karl Péladeau
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Pierre Karl Péladeau

Le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau, continuera de mettre de la pression sur les autorités pour dénoncer le laxisme fiscal dont profitent certains joueurs étrangers comme Netflix et Spotify et les contraintes auxquelles sont soumises les entreprises canadiennes.

« L’environnement a changé de façon draconienne au cours des dix dernières années, et le CRTC n’en a pas pris conscience de manière appropriée. Les médias étrangers — et les joueurs de l’Internet — nous coupent l’herbe sous le pied, et le régulateur laisse la situation perdurer », a déploré jeudi M. Péladeau lors d’une conférence téléphonique pour discuter des résultats du deuxième trimestre de Québecor. « Nous avons besoin de plus de liberté quant au contenu que nous voulons offrir à nos clients, et nous continuerons de faire valoir notre point de vue auprès du CRTC », a-t-il ajouté.

M. Péladeau avait déjà déploré par le passé des « abus réglementaires », citant comme exemple la décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes obligeant Vidéotron à modifier son service Musique illimitée, qui permettait à ses clients d’écouter de la musique en continu sans leur facturer les données téléchargées.

En dévoilant ses résultats jeudi matin, Québecor a fait état d’un bénéfice net en baisse, malgré une augmentation des revenus. L’entreprise a indiqué qu’au deuxième trimestre de l’exercice financier en cours, son bénéfice net s’était établi à 41,3 millions, ou 18 ¢ par action, en baisse marquée par rapport à celui de 137,8 millions, ou 57 ¢ par action, de la même période de 2017. Le géant québécois des télécommunications a attribué une grande partie de ce recul au gain tiré de la vente d’une licence de spectre comptabilisé au deuxième trimestre de 2017. En excluant les éléments non récurrents, le bénéfice ajusté lié aux activités d’exploitation poursuivies a été de 106,2 millions, ou 45 ¢ par action, en hausse par rapport à 88,6 millions, ou 37 ¢ par action, à la même période l’an dernier. Les revenus de Québecor ont atteint 1,04 milliard, en hausse de 0,5 % par rapport à il y a un an.

Les investisseurs ont semblé bien accueillir les résultats et l’action de Québecor a grimpé jeudi de 1,38 $, soit 5,11 %, pour clôturer à 28,40 $ à la Bourse de Toronto.

Dans le secteur des médias, Québecor a rappelé que le Réseau TVA avait subi un recul de son rendement financier imputable à la diminution de ses revenus publicitaires. De plus, l’absence du club de hockey Canadien de Montréal des séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey a entraîné une baisse des revenus de la chaîne spécialisée TVA Sports. Les revenus du secteur des médias sont passés de 199,5 millions à 186,5 millions.

À l’instar de trimestres précédents, le secteur des télécommunications de Québecor a été performant. Il a affiché une croissance de 2,5 % de ses revenus. La compagnie a fait état d’une progression de 12,9 % des revenus de Vidéotron en téléphonie mobile, de 5,8 % pour l’accès Internet et de 18,4 % pour les services de vidéo sur demande par abonnement Club illico.

L’analyste Maher Yaghi, de Valeurs mobilières Desjardins, a estimé que les résultats étaient en phase avec les attentes, et a noté que la performance solide dans les télécommunications avait été amoindrie par la faiblesse du côté des médias.

Québecor a finalisé au deuxième trimestre le rachat de la totalité des actions de Québecor Média détenues par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), dans le cadre d’un processus amorcé en 2012. En échange de ses 17,6 millions d’actions, la CDPQ a reçu 1,54 milliard en argent et 150 millions en débentures convertibles qui pourront devenir des actions de catégorie B de Québecor.