Tesla se penche sur son retrait de la Bourse

L’entrepreneur sud-africain Elon Musk avait envoyé mardi en cours de séance une salve de messages sur Twitter faisant part de son intention de retirer Tesla de la cote et d’en rester le p.-d.g. quoi qu’il arrive.
Photo: Chuck Burton Associated Press L’entrepreneur sud-africain Elon Musk avait envoyé mardi en cours de séance une salve de messages sur Twitter faisant part de son intention de retirer Tesla de la cote et d’en rester le p.-d.g. quoi qu’il arrive.

Tesla s’est lancé mercredi dans l’examen du projet de son retrait de la Bourse évoqué la veille par son p.-d.g. Elon Musk, une annonce inattendue qui a éveillé les soupçons de manipulation de cours des autorités boursières.

Le conseil d’administration du fabricant de voitures électriques haut de gamme a affirmé dans un communiqué s’être réuni « plusieurs fois au cours de la semaine passée » pour évoquer ce sujet et « prendre les mesures nécessaires pour l’évaluer ». Les discussions ont notamment tourné autour des avantages que représenterait « pour les intérêts à long terme de Tesla » le fait de ne plus être coté à Wall Street ainsi qu’autour du « financement nécessaire » pour mener à bien une telle opération, y est-il ajouté.

L’entrepreneur sud-africain avait semé le trouble mardi en envoyant en cours de séance une salve de messages sur Twitter faisant part de son intention de retirer Tesla de la cote et d’en rester le p.-d.g. quoi qu’il arrive. Rien n’empêche a priori les entreprises cotées à Wall Street de faire des annonces sur les réseaux sociaux si elles ont auparavant prévenu qu’elles pouvaient utiliser ces moyens de communication. Ce que Tesla avait fait. Mais quand en deux mots, « financement assuré », le patron de Tesla a assuré avoir déjà l’argent nécessaire pour mener à bien l’opération, il a suscité de nombreuses interrogations.

Selon le Wall Street Journal, le gendarme américain des marchés financiers, la SEC, a demandé à l’entreprise si l’affirmation de M. Musk était bien « réelle ». Contactée par l’AFP, la SEC n’a pas souhaité faire de commentaires.

« Quand il ajoute à la fois le prix de l’action et le fait que les financements sont assurés, ce sont des affirmations qui peuvent être considérées comme trompeuses » si elles ne se concrétisent pas, a commenté John Coffee, spécialiste du droit à l’Université Columbia. Il souligne qu’il est « très peu probable » que M. Musk ait déjà obtenu les dizaines de milliards de dollars nécessaires.

Non seulement le montant serait le plus élevé jamais obtenu pour une telle opération, mais surtout Tesla n’a pas encore fait la preuve de sa capacité à gagner de l’argent sur une année entière. Et il est encore en train d’affiner sa stratégie : le groupe mise beaucoup sur le succès de son dernier-né, le Model 3, qui connaît de gros retards de production.

À Wall Street, le titre de Tesla a terminé en hausse de près de 11 % mardi après la salve de tweets du patron de Tesla, ce qui s’est matérialisé par de lourdes pertes pour les financiers ayant spéculé sur son effondrement. « Il a été estimé que les investisseurs qui parient sur une baisse du titre ont perdu 1,3 milliard de dollars », avance M. Coffee, concluant par conséquent que, si les annonces de M. Musk se révélaient trompeuses, ces financiers pourraient attaquer l’entreprise en justice.