Les boomers continueront d’influencer le marché immobilier résidentiel

Pour l’achat, 54% des boomers disposeraient d’un budget d’un montant inférieur à 450 000 $, selon l’étude de Royal LePage.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Pour l’achat, 54% des boomers disposeraient d’un budget d’un montant inférieur à 450 000 $, selon l’étude de Royal LePage.

L’influence des boomers sur le marché immobilier résidentiel n’est pas près de se résorber. D’autant que dans le segment des premiers acheteurs, les millénariaux demeurent nombreux à contribuer au phénomène Tanguy.

« Ne les sous-estimez pas : ce groupe non négligeable influencera le marché de manière significative au cours des années à venir, puisque 1,4 million d’entre eux vendront leurs biens immobiliers pour s’en procurer d’autres d’ici 2023 », a déclaré Phil Soper, président et chef de la direction de Royal LePage. Il en ressort que 77 % des baby-boomers sont propriétaires d’une résidence.

Le cabinet de courtage immobilier publie mercredi une étude sur les tendances des baby-boomers sur le marché résidentiel. On y indique que 17 % de la population composant cette cohorte, née entre 1946 et 1964, ont l’intention d’acheter une nouvelle résidence dans les cinq prochaines années. Au Québec, cette proportion tombe à 11 %, le taux québécois étant le moins élevé de toutes les régions survolées par l’étude. Ils sont aussi plus nombreux, soit 62 % contre 59 % dans le reste du Canada, à opter pour la rénovation. Et « quand les baby-boomers du Québec vendent leur propriété, c’est pour l’une de deux raisons : débloquer la valeur nette soit pour profiter de la vie, soit pour aider leurs enfants à acheter une maison », ajoute le cabinet.

« Bien qu’une vague de consommateurs plus âgés fera s’accroître la concurrence pour les appartements en copropriété plus particulièrement, cette cohorte n’investira pas dans un seul type de propriété », indique Phil Soper, qui ajoute : « Nos recherches démontrent que les plus petites villes et les plus petits marchés récréatifs attireront plus d’investissements que les grandes villes. Cet important segment de population perçoit nos grandes villes comme généralement inabordables pour la retraite. »

Ainsi, parmi les répondants planifiant de faire l’acquisition d’une nouvelle propriété, 45 % reluquent une maison détachée, 32 % un appartement en copropriété, 10 % une maison jumelée ou en rangée et 5 % seraient plutôt intéressés par une propriété récréative. Mais quant à l’accessibilité, 56 % des personnes sondées estiment que le marché du logement de leur ville est inabordable. On le devine, ce pourcentage passe à 78 % pour les résidents de la Colombie-Britannique, à 63 % pour ceux de l’Ontario. Il est de 50 % au Québec. Ils sont donc 34 % à se dire ouverts à l’idée de déménager dans une autre ville ou banlieue, là où le prix est plus abordable.

Une autre particularité de ce segment démographique est la bonne santé financière qu’il affiche. Ainsi, 58 % des répondants affirment avoir remboursé entre 95 et 100 % de leur hypothèque. Pour l’achat, 54 % disposeraient d’un budget d’un montant inférieur à 450 000 $ et 25 %, de 450 000 $ ou plus. Ils sont donc peu sensibles au resserrement des règles hypothécaires en application depuis janvier.

Toutefois, nombre d’entre eux hébergent encore des enfants. Plus précisément, 44 % estiment qu’ils ne quitteront pas le nid familial avant l’âge de 21 à 25 ans, mais 21 % évoquent plutôt 26-30 ans et 18 %, plus de 30 ans. Royal LePage rappelle que dans son enquête sur la masse critique des millénariaux publiée l’an dernier, 14 % de ces membres indiquaient vivre avec leurs parents. « Notre recherche de 2017 sur la plus vaste cohorte de premiers acheteurs au Canada, que nous appelons “la masse critique des millénariaux”, a montré que ses membres sont nombreux à rester au sein du nid familial bien au-delà de l’âge traditionnel de sortie », a dit M. Soper.