Elon Musk souhaite retirer Tesla de la Bourse

Le p.-d.g. de Tesla, Elon Musk, dit vouloir racheter les actions.
Photo: Joshua Lott Getty Images Agence France-Presse Le p.-d.g. de Tesla, Elon Musk, dit vouloir racheter les actions.

Elon Musk, l’emblématique fondateur de Tesla, a semé le trouble mardi en annonçant qu’il avait l’intention de retirer le constructeur de véhicules électriques haut de gamme de la Bourse.

En quelques tweets, Elon Musk a mis la pagaille en indiquant qu’il envisageait de retirer Tesla de la cote, mais qu’il en restera le p.-d.g. Il a aussi assuré qu’il avait le financement nécessaire à l’opération. L’information a provoqué la suspension de l’action à Wall Street, selon la formule consacrée — alors qu’elle s’envolait de plus de 7 %. Peu avant la clôture de la Bourse, Tesla a finalement confirmé qu’Elon Musk voulait retirer le constructeur de la cote, mais a précisé dans une entrée de blogue que la décision finale sera prise au terme d’un vote des actionnaires. Prié de dire, sur Twitter, si cette solution lui épargnerait des maux de tête, il a répondu : « Oui. »

Peu avant le tweet de Musk, le Financial Times a rapporté que le fonds souverain saoudien Public Investment Fund, supervisé par le prince héritier Mohamed ben Salman, avait pris une participation de à 3 à 5 % dans Tesla, souligne l’agence Reuters.

Cette annonce intervient au moment où se multiplient les attaques de spéculateurs, qui parient sur l’effondrement de Tesla, une stratégie financière baptisée « short selling », ou vente à découvert. Selon la firme de recherche S3 Partners, les positions courtes sur Tesla totalisent près de 13 milliards de dollars.

« J’envisage de retirer Tesla de la Bourse à 420 dollars [par action]. Financement assuré », affichait à la mi-séance de Wall Street le compte Twitter certifié d’Elon Musk. À ce prix, Tesla, dont le titre valait 367,25 $US mardi avant sa suspension, pèserait plus de 71 milliards et serait de près de 20 milliards plus cher que General Motors, le premier constructeur automobile américain.

Une série d’informations boursières aussi critiques distillée par un dirigeant d’entreprise en pleine séance boursière est tout à fait inhabituelle dans un pays où la communication financière est strictement réglementée pour mettre les investisseurs sur un pied d’égalité. Interrogé par l’AFP, Tesla n’a pas répondu dans l’immédiat.

« Je n’ai pas des droits de vote majoritaires actuellement, mais je ne m’attends pas à ce qu’un actionnaire en ait si nous quittons la cote. Je ne vendrai pas [mes titres], quel que soit le scénario », a poursuivi Elon Musk, qui détient environ 20 % du capital de Tesla.

Pour convaincre de potentiels actionnaires réticents, il a évoqué la possibilité de créer un fonds spécialisé qui garantirait l’équité entre investisseurs. « Mon souhait est que “tous” les actionnaires actuels restent même si nous ne sommes plus une entreprise cotée. [Je] créerais un fonds spécifique pour permettre à chacun de rester avec Tesla. [Je] le fais déjà avec Fidelity Investment pour SpaceX », la société aérospatiale dont il est également le p.-d.g. fondateur.

Ce n’est pas la première fois qu’Elon Musk évoque un retrait de la cote de Tesla : il avait déjà formulé cette hypothèse dans un portrait que lui consacrait le magazine Rolling Stone en novembre dernier. Contrairement à une entreprise cotée en Bourse, une société évoluant hors des plateformes financières n’est pas soumise à des obligations légales contraignantes en matière de transparence, comme la publication de ses résultats tous les trimestres ou la rémunération de ses dirigeants.

Musk, qui a eu des mots avec des régulateurs, analystes ou journalistes, ne s’en plaindrait pas, d’autant que nombre de questions demeurent sur les difficultés de production de Tesla, sa situation financière précise ou l’évolution de long terme du marché des voitures électriques, rappelle Reuters.