Wall Street suspendue à Apple

L’indice vedette de la place new-yorkaise, le Dow Jones, a gagné 0,4% à 25 415,19 points.
Photo: Richard Drew Associated Press L’indice vedette de la place new-yorkaise, le Dow Jones, a gagné 0,4% à 25 415,19 points.

Wall Street a terminé en hausse mardi, aidée par l’espoir d’un apaisement des tensions commerciales entre Washington et Pékin, dans l’attente des résultats financiers d’Apple, publiés après la fermeture.

L’indice vedette de la place new-yorkaise, le Dow Jones, a gagné 0,4 % à 25 415,19 points. L’indice élargi S&P 500 a pris 0,5 % à 2816,29 points. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, s’est apprécié de 0,6 % à 7671,79 points, mettant un terme à trois séances consécutives au cours desquelles l’indice alignait les reculs quotidiens de 1 % ou plus.

Une telle série noire pour le Nasdaq n’avait pas été observée depuis août 2015. Elle témoignait d’interrogations croissantes sur les valeurs technologiques américaines. Les prévisions décevantes publiées en fin de semaine dernière par Facebook, Intel et Twitter ont conduit les investisseurs à s’interroger sur les perspectives de croissance de ce segment à l’origine d’une grande partie de la hausse des marchés d’actions américains depuis l’an dernier, résumait l’agence Reuters. « Les investisseurs tentent […] de déterminer s’il s’agit juste d’un aléa ou de quelque chose de plus significatif », explique Cliff Hodge, directeur des investissements chez Cornerstone Wealth. On comprend que la publication des résultats de la dernière composante des FAANG (Facebook, Amazon, Apple, Netflix et Google), à savoir Apple, était plutôt suivie avec grande attention.

Depuis le décrochage de plus de 20 % de Facebook et de Twitter la semaine dernière, la valorisation boursière du secteur a perdu quelque 300 milliards $US, une perte amplifiée par les appels aux ventes à découvert. Mais Amazon, une valeur technologique moins atypique, est venu atténuer le choc avec ses résultats financiers records au deuxième trimestre.

Tant Facebook que Twitter ont eu à convaincre de leur résilience face à des forces contraires. Alors que le taux de croissance de leurs revenus et du nombre de leurs utilisateurs tend à diminuer d’un trimestre à l’autre, les réseaux sociaux sont exhortés à investir massivement dans leur infrastructure informatique afin de renforcer leur système de protection des données personnelles. Les coûts liés à la programmation vidéo et à l’analyse automatisée des données des utilisateurs exercent une forte pression sur leurs dépenses.

De manière presque unanime, les observateurs ont été étonnés par un scénario de décélération aussi net. « Les résultats du deuxième trimestre et les perspectives sont décevants, mais le mot « étonnant » serait peut-être meilleur », a affirmé JP Morgan dans une note d’analyse diffusée par les médias financiers commentant les derniers résultats de Facebook. « Nous pensons que peu de gens, sinon personne, avaient anticipé ce genre de remise à zéro. » Pour les géants du Web, le temps de la croissance facile semble révolu.

Pour certains, le cycle favorable qui porte les valeurs de haute technologie depuis presque dix ans maintenant approche de son sommet. « Il s’agit de valeurs fortement cycliques, et donc exposées à un ralentissement de la croissance », rappellent les équipes de Capital Economics. « Nous nous attendons à ce que la croissance américaine s’essouffle à partir de l’an prochain, mais si les tensions commerciales s’accroissent, ce ralentissement pourrait s’avérer plus rapide et plus sévère que prévu, ce qui pourrait mettre les FAANG sous pression », prévient le bureau de recherche économique sur le site Cercle Finance.

Chez les américaines du Web, « la saison des résultats du deuxième trimestre a donc désigné clairement ses gagnants et ses perdants parmi les grandes valeurs de la tech. Dans la seconde catégorie, Netflix complète le podium avec Facebook et Twitter. Dans la première figurent Microsoft, Amazon, Google et Apple », lit-on sur l’AGEFI Quotidien.