Les salaires sont sous pression aux États-Unis

Le taux de chômage est de 4% aux États-Unis actuellement, au plus bas depuis 17 ans, alimentant la tendance haussière des salaires.<br />
 
Photo: Bill Pugliano / Getty Images / Agence France-Presse Le taux de chômage est de 4% aux États-Unis actuellement, au plus bas depuis 17 ans, alimentant la tendance haussière des salaires.
 

À la veille d’une décision sur les taux directeurs, les membres du Comité monétaire de la Réserve fédérale ont de quoi se mettre sous la dent. Les coûts salariaux affichent leur plus forte poussée annuelle depuis la crise de 2008.

Selon les données du département du Travail, le coût du travail dans le secteur privé a bondi de 2,9 % sur un an au deuxième trimestre aux États-Unis, soit sa progression la plus forte depuis 2008. La composante salaire et traitement, qui compte pour 70 % des coûts du travail, a également progressé de 2,9 %, un sommet durant la décennie, alors que celle abritant les avantages sociaux a augmenté de 2,8 %, soit le rythme le plus élevé en six ans, ont noté les analystes de la Banque Nationale. Cette poussée se manifeste tant dans le secteur des biens que dans celui des services et vient refléter un marché du travail sous pression. Le taux de chômage est de 4 % aux États-Unis actuellement, au plus bas depuis 17 ans, alimentant la tendance haussière des salaires.

Les économistes estiment que le coût du travail doit progresser d’au moins 3 % pour rapprocher l’inflation de l’objectif de 2 % de la Réserve fédérale, relève l’agence Reuters.

Le 13 juin dernier, en commandant une deuxième augmentation de son taux cible depuis le début de l’année, la Fed s’appuyait sur une hausse de l’inflation. En juin, l’appréciation des prix à la consommation, mesurés par l’indice des prix des dépenses de consommation personnelles (CPE), demeuraient au-dessus des 2 %, soit à 2,2 % en rythme annuel, selon les données publiées mardi par le département du Commerce. L’autre mesure de l’inflation, l’indice des prix à la consommation (en anglais, le CPI), était en hausse de 2,9 % sur un an, un sommet depuis 2012. Toujours selon le CPI, l’inflation hors secteurs volatils de l’alimentation et de l’énergie a avancé de 2,3 % sur un an.

Outre un marché du travail tendu, le paysage inflationniste subit également la pression d’une augmentation des prix à la production, de 3,1 % sur un an en mai, alimentée tant par les coûts de l’énergie que par l’application de droits de douanes à l’importation par le gouvernement Trump.