Tarifs: les producteurs de grains québécois demandent l’aide des gouvernements

Le soutien de base pour le maïs et le soya, entre 2016 et 2018, aura été d’environ 47 $ par hectare au Québec, mais de 80 $ par hectare aux États-Unis, selon les prévisions actuelles.
Photo: Philippe Huguen Agence France-Presse Le soutien de base pour le maïs et le soya, entre 2016 et 2018, aura été d’environ 47 $ par hectare au Québec, mais de 80 $ par hectare aux États-Unis, selon les prévisions actuelles.

Les producteurs de grains du Québec demandent aux gouvernements provincial et fédéral de les soutenir financièrement pour faire face à leurs concurrents américains qui se sont vu offrir des fonds par le gouvernement Trump, dans un contexte de guerre commerciale.

L’aide d’urgence de 12 milliards de dollars américains aux agriculteurs annoncée par le président Donald Trump la semaine dernière confirme les impacts de cette guerre commerciale internationale sur l’agriculture, selon les producteurs de grains du Québec.

Le président de l’association, Christian Overbeek, a plaidé dans un communiqué que ces subventions « menacent d’amplifier l’instabilité et la chute des prix mondiaux », ce qui favoriserait les producteurs américains. « Si le marché sait qu’il y a 12 milliards de disponibles de la part du gouvernement, le marché de commodité va diminuer de valeur de ce montant-là. Ça a un effet direct sur le marché des grains québécois, parce qu’on est en référence directe avec le marché américain », a précisé M. Overbeek en entrevue avec La Presse canadienne.

Selon les prévisions actuelles relevées par les producteurs de grains, entre 2016 et 2018 le soutien de base pour le maïs et le soya sera d’environ 47 $ par hectare au Québec, mais de 80 $ par hectare aux États-Unis, soit presque deux fois plus élevé. Concernant l’assurance récolte, entre 2010 et 2016, le soutien annuel moyen net s’est établi à 5 $ par hectare au Québec, mais à 57 $ par hectare aux États-Unis, soit 10 fois plus élevé.

Les producteurs de grains réitèrent également auprès des gouvernements leur souhait désormais « plus que jamais urgent » de mettre en place des programmes de sécurité du revenu et de gestion des risques. De tels programmes, affirment-ils, leur permettraient d’affronter une crise majeure qui provoquerait un cycle prolongé de bas prix.

« Les conséquences à court terme [seraient] une diminution importante au niveau de nos investissements dans le renouvellement de nos équipements, dans les investissements pour acquérir des technologies pour continuer à améliorer notre performance agronomique, notre performance technique à court terme », a souligné M. Overbeek. « Mais si la situation persiste, c’est la viabilité des entreprises en tant que telles qui va être mise à risque, fortement. Donc une diminution importante de la production de grains elle-même, qui sert à nourrir toutes les autres exploitations du secteur animal au Québec. »