Hydro souhaite garder la hausse de ses tarifs en deçà de l’inflation

L’hiver froid et l’été chaud ont notamment permis à la société d’État d’enregistrer une hausse de la demande d'électricité.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir L’hiver froid et l’été chaud ont notamment permis à la société d’État d’enregistrer une hausse de la demande d'électricité.

Hydro-Québec a présenté vendredi ses demandes d’augmentation de tarifs les plus modestes depuis 2011, année où la Régie de l’énergie avait non seulement refusé toute augmentation, mais avait forcé la société d’État à réduire ses tarifs.

Cette fois, Hydro demande une augmentation de 0,8 % à compter d’avril 2019, soit moins de la moitié de l’inflation prévue de 1,7 %.

Selon la société d’État, une telle augmentation représenterait un déboursé mensuel additionnel de 23 ¢ pour un logement de cinq pièces et demie et de 1,60 $ pour une maison moyenne, par exemple, dans les cas où ces deux résidences seraient chauffées à l’électricité.

La société d’État s’était engagée dans son plan stratégique 2016-2020 à maintenir l’augmentation de ses tarifs sous l’inflation et elle y arrive cette année grâce à la vigueur de l’économie et aux caprices climatiques.

23 cents
C’est le montant de la hausse moyenne de la facture mensuelle pour un logement de cinq pièces et demie que représenterait la demande d’Hydro-Québec à la Régie de l’énergie.

Hydro-Québec profite en effet d’une croissance de la demande d’électricité dans tous les secteurs pour la première fois en une décennie, tant du côté résidentiel que commercial, institutionnel et industriel.

« Depuis 10 ans, nos prévisions de la demande qui sont déposées à la Régie sont stagnantes ; on parle d’environ 170 TWh, mais pour l’année à venir, à la suite de toutes nos activités de démarchage et de développement de nouveaux marchés, on annonce une hausse de 4,1 TWh des ventes au Québec », a expliqué le président d’Hydro-Québec distribution, Éric Filion.

L’arrivée massive de centres de données — des entreprises voraces en matière d’électricité —, le développement minier et le ralentissement moins important que prévu dans le secteur des pâtes et papiers participent notamment à cette croissance de la demande.

Par ailleurs, l’écart entre les températures moyennes sur lesquelles Hydro se base pour ses prévisions et la réalité s’est avéré payant pour la société d’État, en l’occurrence un hiver plus froid ayant entraîné une augmentation de la demande et un été plus chaud, qui se traduit par une hausse des exportations aux États-Unis où la demande pour la climatisation est à son sommet.

À l’opposé, la pression pour faire augmenter les tarifs vient principalement des achats d’électricité requis en période de forte demande et des coûts de transport et de distribution, ce qui inclut les investissements requis pour entretenir, solidifier et étendre le réseau.

« Tarification dynamique »

Les plus petits consommateurs bénéficieront aussi d’un léger répit, en ce sens que la première tranche de consommation quotidienne, qui est offerte à un tarif plus économique, passe de 36 kWh à 40 kWh. En pratique, cela signifie par exemple qu’il sera possible d’obtenir le chauffage de quatre plinthes électriques de 1000 watts à un tarif réduit durant une heure de plus par jour. « Ce changement va être à l’avantage de nos clientèles de petits consommateurs, surtout les ménages à faible revenu », a fait valoir Éric Filion.

Hydro proposera aussi à la Régie deux nouveaux modes de tarification dynamique volontaires, c’est-à-dire des tarifs qui varient selon les besoins du réseau et qui visent à alléger la demande en période de pointe hivernale.

La première option prévoit qu’Hydro réduise le prix de l’électricité (de 50 ¢/kWh) lorsque le client réduit lui-même le chauffage en période de pointe, habituellement les matins et débuts de soirée lors de grands froids. La seconde prévoit un prix très réduit pour l’électricité du 1er décembre au 1er mars avec une très forte augmentation durant les périodes de pointe. Ces deux nouvelles options seraient interactives, en ce sens qu’Hydro-Québec avertirait les clients en question de l’imminence d’une période de pointe, et donc d’une variation de tarif durant certaines heures.

Éric Filion y voit une approche où tout le monde y gagne. « Il y a un potentiel d’économies par hiver de l’ordre de 30 $ à 150 $ sur la facture, mais ce sera en fonction des gestes que les clients vont vouloir poser pour mieux gérer leur consommation », dit-il, précisant que l’objectif d’Hydro est d’attirer 20 000 volontaires la première année.