ALENA: Ottawa et Mexico toujours solidaires face à Washington

La ministre canadienne des affaires étran­gè­res, Chrystia Freeland, a été accueillie mer­credi à Mexico par son vis-à-vis mexicain, Luis Videgaray, (à gau­che) et par le secré­taire à l’Éco­no­mie Ilde­fonso Guajardo, avant sa rencontre avec le président désigné Andrés Manuel López Obrador.
Photo: Marco Ugarte Associated Press La ministre canadienne des affaires étran­gè­res, Chrystia Freeland, a été accueillie mer­credi à Mexico par son vis-à-vis mexicain, Luis Videgaray, (à gau­che) et par le secré­taire à l’Éco­no­mie Ilde­fonso Guajardo, avant sa rencontre avec le président désigné Andrés Manuel López Obrador.

Une rencontre avec le président désigné du Mexique, Andrés Manuel López Obrador, a rassuré la ministre des Affaires étrangères canadienne, Chrystia Freeland, qui est maintenant convaincue que les deux pays veulent relancer les négociations pour un renouvellement de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

La ministre Freeland, le ministre des Finances, Bill Morneau, et le nouveau ministre du Commerce international, Jim Carr, ont rencontré le président désigné du Mexique Andrès López Obrador à Mexico, mercredi, avant que les représentants mexicains ne se rendent aux États-Unis, jeudi, afin de s’entretenir avec les négociateurs américains.

Chrystia Freeland s’est exprimée en termes génériques mais positifs au sujet de la rencontre avec le vétéran de la politique âgé de 64 ans. Elle n’a pas précisé ce que celui que l’on surnomme AMLO a dit aux ministres canadiens.

Mme Freeland a déclaré qu’elle était « optimiste » que les négociations de l’ALENA puissent s’accélérer maintenant qu’elle a pris le pouls des nouveaux élus mexicains.

« Il était important de rencontrer le président désigné et son équipe pour comprendre leur position afin que nous sachions vraiment où se trouve le Mexique », a déclaré la ministre lors d’une conférence téléphonique depuis Mexico.

« Nous avons une compréhension claire maintenant et nous sommes certainement très déterminés à aller de l’avant le plus rapidement possible. »

La clause de résiliation après cinq ans est plus problématique, et la ministre Freeland a affirmé que l’opposition du Canada à ce sujet s’est durcie au cours des pourparlers.

De leur côté, le président mexicain et son homologue américain, Donald Trump, ont échangé cette semaine des lettres soulignant leur intérêt à conclure le plus rapidement possible un nouvel ALENA.

Andrés Manuel López Obrador et ses proches conseillers soutiennent que les pourparlers sur le commerce en Amérique du Nord doivent impliquer les trois pays, écartant du coup l’idée d’un accord bilatéral avec les Américains.

Les analystes estiment que les ministres canadiens pourraient trouver un allié en M. López Obrador, alors qu’ils tentent de dénouer l’impasse dans les négociations, embourbées dans des questions épineuses et obscurcies par une possible guerre commerciale à coups de tarifs douaniers.

Dans l’intervalle, Donald Trump envisage d’imposer un droit de 25 % sur les importations de voitures. L’industrie automobile et les législateurs républicains préviennent qu’une telle mesure pourrait nuire à l’économie américaine.

L’Organisation mondiale du commerce a déclaré dans un rapport, mercredi, que la prolifération des droits de douane entre les États-Unis, le Canada, le Mexique et l’Union européenne entre autres « pourrait compromettre la reprise économique ».

Le président désigné Andrés Manuel López Obrador entrera en poste en décembre prochain.