L’agence de voyages Sinorama placée sous tutelle

L’image de marque et le rayonnement de l’agence de voyages Sinorama avaient pris de l’ampleur au cours des dernières années.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir L’image de marque et le rayonnement de l’agence de voyages Sinorama avaient pris de l’ampleur au cours des dernières années.

L’agence de voyages Sinorama, visée par de récents reportages au sujet de l’état de ses finances, vient d’être placée sous l’administration provisoire du cabinet PricewaterhouseCoopers.

L’Office de la protection du consommateur (OPC), dont la mission comprend notamment la responsabilité des permis décernés aux agences de voyages, en a fait l’annonce mardi après-midi « à la suite du non-respect par Vacances Sinorama Inc. des exigences de la loi relativement à la gestion des sommes versées par les clients de l’agence ».

Dans un communiqué de quatre paragraphes seulement, l’OPC a indiqué que « PricewaterhouseCoopers LLP aura le mandat de veiller à la protection des clients de l’agence, de faire en sorte que ceux qui sont actuellement en voyage puissent le terminer sans problème et que ceux dont le départ est imminent puissent faire leur voyage dans les conditions qui étaient prévues ».

Par la suite, les dossiers seront traités individuellement « en fonction de la date de départ prévue, les plus rapprochées en priorité ». Dans les heures qui ont suivi l’annonce publique de l’OPC, il a été impossible d’avoir la ligne chez Sinorama, ce genre de situation étant susceptible de générer un nombre d’appels importants de la part des clients.

La Presse a écrit au début du mois de mai que les réserves de Sinorama n’étaient pas suffisantes pour honorer les voyages des clients déjà payés. Le quotidien évaluait que « Sinorama Corporation » affichait un manque à gagner de 10,9 millions à la fin de l’année 2017. La direction de l’entreprise s’était alors défendue en affirmant que le portrait dépeint par La Presse était celui d’une société américaine « apparentée », au lieu de l’entreprise Vacances Sinorama, basée à Montréal.

« Vacances Sinorama Inc. est solvable et en mesure de remplir toutes ses obligations à l’égard de ses nombreux clients actuels et futurs, comme le confirment ses états financiers vérifiés », a affirmé la compagnie dans un communiqué le 8 mai. L’entreprise disait alors être détentrice d’un permis de l’Office de la protection du consommateur depuis treize ans. « S’il y avait eu quelque malversation que ce soit, cet organisme nous aurait retiré notre permis, ce qui n’est évidemment pas le cas », avait souligné dans le communiqué le vice-président de la société, Claude Landry.

Avis de non-renouvellement

L’OPC a indiqué que sa présidente a transmis à Vacances Sinorama un avis indiquant que son permis ne serait pas renouvelé le 31 juillet, date à laquelle il viendra à échéance. La compagnie a dix jours pour réagir, « après quoi une décision sera rendue », a indiqué l’OPC. Selon le porte-parole de l’organisme, Charles Tanguay, le personnel du cabinet PwC est entrée chez Sinorama mardi en matinée.

« Il y a eu des vérifications qui ont conduit l’OPC à proposer à l’agence, pour la protection des sommes versées par ses clients, de signer un engagement volontaire, ce qui a été fait le 13 juin », a dit M. Tanguay. Cet engagement comprenait « l’ouverture d’un nouveau compte en fidéicommis pour le dépôt de toute nouvelle somme en dépôt des clients, et un contrôle par l’OPC de chacun des retraits ». « L’OPC a par la suite constaté que Sinorama n’avait pas respecté l’engagement volontaire », a-t-il dit.

L’image de marque et le rayonnement de Sinorama ont pris de l’ampleur au cours des dernières années, si bien que l’entreprise a fait de la célèbre comédienne Guylaine Tremblay une porte-parole et figure bien en vue dans ses campagnes de publicité. Mme Tremblay a toutefois indiqué dans un communiqué envoyé à certains médias que « pour le moment, à la lumière de la décision de l’OPC de nommer un administrateur provisoire à la tête de Vacances Sinorama, je me retire de mon rôle de porte-parole ».