Le Massif sera une tête de pont pour le Club Med en Amérique du Nord

Le village du Club Med de Charlevoix devrait créer 300 emplois directs et 400 emplois indirects.
Photo: Club Med Le village du Club Med de Charlevoix devrait créer 300 emplois directs et 400 emplois indirects.

Le Club Med qui ouvrira ses portes au pied du Massif de Charlevoix en décembre 2020 en vue d’accueillir 50 000 clients par année servira notamment de vitrine pour montrer aux touristes américains le nouveau visage de l’entreprise dans le créneau des vacances en montagne.

De passage à Montréal vendredi pour dévoiler le nom du futur village de vacances, appelé « Club Med Québec Charlevoix », la direction du groupe a confirmé le début de la construction du projet en insistant entre autres sur une clientèle de jeunes familles, qui représente une part considérable de son chiffre d’affaires.

Puisque le Club Med a investi dans ses villages des Caraïbes, destination bien connue des Américains, il fallait maintenant faire le même type de repositionnement « sur la montagne », a dit en entrevue le président du Club Med, Henri Giscard d’Estaing. « Cette démonstration a été faite en Europe et en Asie. Il fallait la faire, par la preuve, en effet, sur le continent nord-américain, et c’est ce qu’on va faire au Massif. »

Une première série de discussions a eu lieu il y a quelques années, mais Club Med, qui appartient au groupe chinois Fosun, a annoncé en décembre 2015 qu’elle renonçait au projet. Sans pour autant tirer un trait sur le Québec, elle disait avoir d’autres initiatives. Les pourparlers ont recommencé en 2016, et l’annonce officielle du projet a finalement été faite en novembre 2017.

« Nous voulions être sûrs que l’ensemble des partenaires concernés, publics et privés, soient motivés, décidés et convaincus de la validité de ce projet comme nous-mêmes », a dit M. Giscard d’Estaing. « Il y a toujours eu une volonté de tout le monde de le faire. Simplement, je dirais : nous avons des projets dans le monde entier, c’est normal pour une compagnie privée comme nous le sommes de privilégier les projets les plus faciles, les plus accessibles, là où les partenaires sont les plus rapidement engagés. À l’époque, nous avions des projets importants dans les Alpes, et c’est là-dessus qu’on avait mis l’accent. »

« Tout le monde s’est remis autour de la table, a travaillé ensemble et a essayé de faire déboucher ce projet », a dit le président de l’entreprise.

S’il est prévu que la construction de l’hôtel entraînera la création d’environ 700 emplois, l’exploitation du village devrait créer plus de 300 emplois directs et 400 emplois indirects, a déjà estimé le Groupe Le Massif, fondé par l’homme d’affaires Daniel Gauthier.

Sur un financement global de 120 millions, une proportion de 70 % vient du privé (Club Med, Daniel Gauthier, Guy Laliberté, Groupe Germain, etc.) et 30 % de prêts gouvernementaux de la part de Québec et d’Ottawa. Le Mouvement Desjardins et la Banque Nationale font aussi partie des partenaires. La société Club Med, qui bénéficie d’une entente de 15 ans avec le Massif, n’a pas précisé la somme qu’elle compte y investir.

Lors de l’annonce, en novembre 2017, les promoteurs du projet avaient affirmé que l’afflux de vacanciers, que l’on tentera d’attirer toutes saisons confondues, entraînerait une hausse de 6 % de l’achalandage à l’Aéroport de Québec. Le taux d’occupation de l’hôtel de 300 chambres prévu atteindrait 70 % pendant l’été et 85 % l’hiver.

M. Giscard d’Estaing a également affirmé que l’entreprise espère attirer une clientèle sud-américaine. « Il y a 15 000 Brésiliens qui viennent dans nos villages des Alpes », a-t-il dit. Quant aux Européens, on s’attend à ce qu’ils soient plus présents en été, car la destination est « très complémentaire » à celle des Alpes.

Invité à dire si Club Med envisage déjà un deuxième village au Canada, le président a dit : « Nous regardons attentivement l’ensemble des destinations nord-américaines, au Canada et aux États-Unis. » Cependant, a-t-il ajouté, « c’est vrai que l’Ouest canadien a des caractéristiques très intéressantes, en particulier en matière de qualité de neige, et c’est une destination plus proche de l’Asie ».