Le fondateur de JetBlue opte pour le A220 afin de lancer un transporteur

Selon les prix catalogues, la valeur d’une commande ferme pour 60 A220 est estimée à 5,4 milliardsde dollars américains.
Photo: Frederic Scheiber La Presse canadienne / Associated Press Selon les prix catalogues, la valeur d’une commande ferme pour 60 A220 est estimée à 5,4 milliardsde dollars américains.

Un des fondateurs des transporteurs aériens JetBlue et WestJet a décidé d’opter pour les avions A220 — anciennement appelés C Series — d’Airbus pour une nouvelle compagnie qu’il souhaite mettre sur pied aux États-Unis.

Au Salon aéronautique de Farnborough, mardi, au Royaume-Uni, l’avionneur européen a annoncé un engagement pour 60 appareils A220-300, les anciens CS300, de la part d’un groupe d’investisseurs mené par David Neeleman.

Cette nouvelle compagnie aérienne porterait le nom de Moxy.

« Après des années de consolidation des compagnies aériennes américaines, les conditions s’améliorent et favorisent l’arrivée d’une nouvelle génération de compagnies aériennes américaines, axées sur les services aux passagers et la satisfaction de la clientèle », a indiqué M. Neeleman, par voie de communiqué.

Cet engagement est le deuxième depuis qu’Airbus a officiellement pris le contrôle de la C Series, le 1er juillet. La semaine dernière, JetBlue a passé une commande ferme pour 60 A220 assortie de 60 autres options.

Selon certains reportages publiés le mois dernier, M. Neeleman considérait déjà l’avion développé par Bombardier alors qu’il tablait sur son projet de nouvelle compagnie.

Si l’engagement de l’homme d’affaires se concrétise en commande ferme, les livraisons des avions, qui peuvent transporter jusqu’à 150 passagers, devraient s’amorcer à compter de 2021. Étant donné qu’il s’agit d’une compagnie aérienne américaine, celle-ci recevrait ses appareils depuis la chaîne de montage de l’A220 qui doit être construite aux installations d’Airbus à Mobile, en Alabama.

« Cet engagement confirme le rôle important qu’occupe maintenant l’appareil A220 dans le portfolio de monocouloirs d’Airbus », a pour sa part souligné le chef de la direction commerciale de l’avionneur, Eric Schulz.

Des réductions généreuses ?

Selon les prix catalogues, la valeur d’une commande ferme pour 60 A220 est estimée à 5,4 milliards $ US, mais les transporteurs aériens bénéficient généralement de généreux rabais de la part des constructeurs.

D’ailleurs, d’après un rapport publié la semaine dernière par l’analyste de l’agence de notation Moody’s Jonathan Root, JetBlue aurait bénéficié d’une réduction d’environ 70 % de la part d’Airbus.

« Nous estimons que l’investissement total (de JetBlue) pourrait varier entre 1,4 milliard $ US et 1,7 milliard $ US, ou de 23 millions $ US à 28 millions $ US par avion », a-t-il écrit dans son analyse de six pages.

Néanmoins, selon Walter Spracklin, de RBC Marchés des capitaux, la commande de JetBlue et l’engagement pris par M. Neeleman devraient contribuer à accélérer l’élan du programme A220.

« Nous nous attendons à ce que ce partenariat continue de décrocher des commandes d’envergures, ce qui, à long terme, devrait bonifier la valeur de la participation de 34 % détenue par Bombardier », a écrit l’analyste dans une note.

Québec détient environ 16 % dans la société en commandite. Plusieurs s’attendent à ce qu’Airbus prenne le contrôle complet du programme au cours des sept prochaines années en rachetant ses partenaires.

Marchés secondaires

M. Neeleman est également un investisseur de la compagnie aérienne nationale du Portugal TAP et d’Azul au Brésil.

La compagnie que souhaite lancer l’homme d’affaires miserait sur les A220 pour desservir des aéroports secondaires comme Providence, dans la région de Boston ; Fort Worth, au Texas ; ainsi que Burbank, en Californie.

À son avis, l’A220 permettra à la compagnie de « desservir des liaisons moins fréquentées, sans faire de compromis sur les coûts, particulièrement lors des vols de plus longue durée ».

Grâce à sa nouvelle acquisition, Airbus croit être en mesure de capturer au moins la moitié du marché des appareils de 100 à 150 places au cours des prochaines années, ce qui pourrait représenter environ 3000 nouvelles unités.