Le Salon de l'aéronautique de Farnborough est devenu un incontournable

Plus de 130 entreprises canadiennes sont au Salon aéronautique de Farnborough, représentées par un contingent de 420 personnes.
Photo: Tolga Akmen Agence France-Presse Plus de 130 entreprises canadiennes sont au Salon aéronautique de Farnborough, représentées par un contingent de 420 personnes.

Vu de l’extérieur, il serait facile de réduire un salon aéronautique comme celui qui prend d’assaut Farnborough à sa plus simple expression : des démonstrations d’appareils et des annonces de contrats multimilliardaires. Pour les fournisseurs et les clients d’envergure, qui multiplient les rendez-vous au quotidien afin de rentabiliser le temps, c’est surtout un incontournable qu’on ne pourrait, à aucun prix, décider d’abandonner.

 
76
C’est le nombre de pays représentés à Farnborough, par plus de 73 000 participants de l’industrie.

Farnborough, qui alterne la tenue du salon avec celui du Bourget, en France, c’est plus de 73 000 participants de l’industrie venus de 76 pays, 1500 entreprises et 23 « pavillons internationaux ». Aux yeux du gouvernement canadien, c’est « l’événement le plus important pour l’industrie aérospatiale en 2018 ». Plus de 130 entreprises du pays y sont, représentées par un contingent de 420 personnes.

« Sans les salons aéronautiques, l’industrie ne se réunirait pas et ne prendrait pas les grandes décisions de la même manière. Lors de ces événements, la pression est forte pour que des choses se passent », dit Addison Schonland, de la firme-conseil américaine AirInsight. « Les grands décideurs de l’industrie sont ici, et ce qu’ils prennent comme décisions devient la stratégie industrielle pour la prochaine année jusqu’au prochain grand salon. »

Le tour du monde

« Ça nous permet énormément de rencontres, qui prendraient par ailleurs beaucoup de temps à effectuer parce qu’il faudrait faire le tour du monde », dit Hélène V. Gagnon, vice-présidente aux affaires publiques et communications mondiales du groupe montréalais CAE, le plus grand fabricant de simulateurs de vol au monde.

Les membres de la direction qui participent au Salon de Farnborough — ils sont une vingtaine cette année — peuvent avoir une dizaine de rencontres par jour avec les clients de la société montréalaise et ses partenaires. « Beaucoup de choses peuvent se régler d’un seul coup. […] Il faut être là. On est un joueur incontournable. Tous nos clients sont ici. »

À titre de professeur à la Faculté de gestion Desautels de l’Université McGill et d’ex-visiteur de Farnborough, Karl Moore voit dans l’événement un forum de choix où le contact humain démontre toute sa pertinence. « Avec les médias et les réseaux sociaux et tout, il y a encore quelque chose au fait que des gens se rassemblent, et que c’est utile », dit-il.

Les grands décideurs de l’industrie sont ici, et ce qu’ils prennent comme décisions devient la stratégie industrielle pour la prochaine année jusqu’au prochain grand salon

En même temps, les entreprises saisissent la pleine mesure de ce rassemblement et ont tendance à emmagasiner leurs grandes annonces pour les diffuser lors de l’événement. « L’attention médiatique est forte. Une partie des médias s’intéresse davantage à l’industrie cette semaine que pendant le reste de l’année. » Et puisque tout le monde est là, l’occasion d’impressionner est indéniable.

La ministre de l’Économie, Dominique Anglade, dirige actuellement, au Royaume-Uni, une mission commerciale dont le fait saillant tourne autour du salon. La délégation québécoise compte une soixantaine de participants, ce qui comprend entreprises et organismes.