Le Fonds FTQ en renfort en cas de turbulences économiques

Le président et chef de la direction du Fonds de solidarité FTQ, Gaétan Morin
Photo: Michael Monnier Archives Le Devoir Le président et chef de la direction du Fonds de solidarité FTQ, Gaétan Morin

Au moment où l’escalade des tensions commerciales représente un risque pour de nombreuses économies, dont celle du Québec, le Fonds de solidarité FTQ dit être prêt à déployer davantage de capital afin d’aider des entreprises de la province à traverser d’éventuelles turbulences.

L’institution a dévoilé jeudi un rendement de 7,5 % et un profit de 1 milliard pour l’exercice terminé le 31 mai. Selon ses calculs, les rendements composés annuels (sans tenir compte des crédits d’impôt) sont de 7 % pour 3 ans, 7,8 % pour 5 ans et 5 % pour 10 ans.

Le Fonds a également indiqué avoir injecté 1,1 milliard dans l’économie québécoise l’an dernier. « Ce n’est pas loin d’un record, a expliqué son président et chef de la direction, Gaétan Morin, au cours d’une entrevue téléphonique. Notre vrai record (1,3 milliard) avait été atteint en 2008-2009 alors que la situation économique était très difficile en raison de la crise financière. »

À l’époque, une « enveloppe spéciale » de 250 millions avait été libérée, a ajouté M. Morin, prenant soin d’ajouter que cela ne voulait pas nécessairement dire que le Fonds s’apprêtait à faire de même advenant une détérioration de la situation économique du Québec.

7,5%
Il s’agit du rendement du Fonds de solidarité FTQ, dévoilé jeudi. L’institution a également indiqué avoir engrangé un profit de 1 milliard pour l’exercice terminé le 31 mai.

Les mesures protectionnistes décrétées par le gouvernement Trump ces derniers mois ont visé des partenaires commerciaux comme le Canada et l’Union européenne, ainsi que la Chine, faisant craindre une guerre commerciale. En guise de réplique aux tarifs imposés par Washington sur l’acier et l’aluminium canadiens, Ottawa a décidé de taxer pour 16,6 milliards d’un large éventail de produits américains — comme du ketchup. « Nous suivons la situation de près, a expliqué M. Morin. Même s’il n’y a pas d’effets directs à court terme, tout cela provoque de l’incertitude et les investisseurs n’aiment pas cela. Certains d’entre eux pourraient ralentir les investissements. »

Lors de la dernière crise financière, le Fonds avait notamment épaulé des compagnies du secteur forestier aux prises avec des problèmes de liquidité, alors qu’elles se retrouvaient au coeur du précédent conflit canado-américain sur le bois d’oeuvre. Dans certains cas, dans le but de donner un coup de pouce à des compagnies, M. Morin a expliqué que l’investisseur institutionnel avait mis la main sur des actifs, ce qui représentait un placement à plus long terme.

« Quand on discute, nous pouvons arriver avec des solutions qui n’égorgent pas les entreprises », a-t-il dit.

1,1 milliard
C’est l’argent qu’a injecté le Fonds dans l’économie québécoise l’an dernier; un record, a fait savoir son président et chef de la direction, Gaétan Morin.

Un peu moins

La performance annuelle du Fonds s’est avérée inférieure à celle de l’an dernier, où le rendement — qui ne tient pas compte de l’impact des crédits d’impôt provincial et fédéral pour cotisations aux fonds de travailleurs — avait été de 9,1 % alors que le profit s’était établi à 1,08 milliard.

Le portefeuille de capital de développement dans les entreprises québécoises a affiché un rendement de 14,1 %, par rapport à 10 % l’année précédente. Toutefois, le portrait a été différent du côté des placements, où la performance a été de 3,5 %, alors qu’elle avait été de 11 % un an plus tôt. « La principale différence est attribuable à la performance des marchés boursiers, a expliqué le premier vice-président aux finances, Sylvain Paré. L’an passé, les marchés avaient été plus porteurs. »

MM. Morin et Paré se sont néanmoins montrés satisfaits du rendement de 7,3 % affiché par le portefeuille d’actions, même si cela est loin de la performance « euphorique » de 18,8 % affichée l’an dernier. La hausse des taux d’intérêt, qui entraîne une diminution de la valeur des obligations, est également venue plomber le secteur des titres à revenu fixe, qui a fléchi de 0,5 % pendant le dernier exercice.

Quant à elle, la valeur de l’action du Fonds est de 40,73 $, en hausse de 1,41 $ par rapport à janvier et de 2,85 $ comparativement au prix d’il y a un an. L’actif net est passé de 13,1 milliards à 14,1 milliards. Le Fonds de solidarité compte 667 417 actionnaires, ce qui représente une croissance de 21 753 actionnaires comparativement à juillet 2017.

Émissions

Comme ce fut déjà le cas à quelques occasions, dans le but de maintenir l’équilibre de son modèle d’affaires, le Fonds tient à rappeler qu’il pourrait décider de limiter l’émission des actions au cours de la présente année financière. Le cas échéant, il priorisera les ententes existantes de souscriptions, que ce soit par voie de retenues sur le salaire, de contributions d’employeurs, ou de prélèvements bancaires automatiques, et continuera d’émettre des actions conformément à ces ententes durant tout l’exercice.

Avec Le Devoir