La société qui lorgne Junex, Ressources Utica, invoque sa présence québécoise

Le gisement du projet Galt nécessitera, selon Junex, le forage d’un maximum de 30 puits répartis sur cinq sites, et il pourrait durer plus de 40 ans.
Photo: Junex Le gisement du projet Galt nécessitera, selon Junex, le forage d’un maximum de 30 puits répartis sur cinq sites, et il pourrait durer plus de 40 ans.

Désormais au coeur d’une surenchère, la société d’exploration pétrolière et gazière Junex est convoitée par un acheteur intéressé qui a brandi mercredi la carte du savoir-faire québécois pour affirmer la supériorité de son offre.

Au moment où Junex travaille au regroupement de ses activités avec le groupe albertain Cuda, Ressources Utica, de Québec, estime que sa proposition est plus porteuse, car elle s’appuie sur un investissement québécois « à long terme ».

« Utica croit que son offre comporte des bénéfices supplémentaires pour le Québec, car elle prévoit le maintien de l’équipe de Junex et la continuité d’une entreprise qui est basée au Québec, au lieu d’une filiale d’une société de Calgary concentrée sur des occasions se trouvant dans d’autres juridictions », a écrit la compagnie dans un communiqué publié mercredi.

« La stratégie d’Utica consistera à investir et à croître au Québec, et de mettre à profit l’expertise d’Utica, son réseau de partenaires, ses liens et son implication dans la communauté, a ajouté la société. Ce réseau comprend une relation de longue date avec la direction de Junex et ses employés. »

Ressources Utica est dirigée par Mario Lévesque, qui est aussi président de l’Association québécoise des fournisseurs de services pétroliers et gaziers du Québec (AFSPG).

Le cabinet de relations publiques qui a publié le communiqué a indiqué au Devoir que M. Lévesque ne souhaitait pas donner d’entrevue pour l’instant.

Junex est notamment connue pour son projet Galt, dans la région de Gaspé, dont elle évalue le potentiel pétrolier à environ 20 millions de barils. Il s’agit d’un projet qui ne fait appel à aucune fracturation. L’entreprise a déjà possédé des permis sur l’île d’Anticosti mais les a cédés à Québec l’an dernier moyennant 5,5 millions.

Dirigée par Jean-Yves Lavoie, Junex est cotée à la Bourse de croissance TSX, où sa capitalisation boursière est d’environ 37 millions. Un seul actionnaire possède un bloc d’actions supérieur à 10 % de l’ensemble : il s’agit de Ressources Québec, filiale d’Investissement Québec (IQ), dont la participation est de près de 15 %. IQ n’a pas souhaité faire de commentaires.

Dans son communiqué, Ressources Utica a mentionné que Lansdowne Investment Company Cyprus Limited, une société affiliée, détient déjà 8,75 millions d’actions de Junex sur 88,6 millions d’actions émises. La compagnie détient aussi des bons de souscription, cela faisant dire à Utica que la participation équivaut dans les faits à 14,8 % de Junex si ces bons étaient convertis.

Transaction avec Cuda

Il y a moins de 30 jours, Junex a annoncé un « regroupement stratégique » faisant passer l’entreprise dans le giron de Cuda. Le conseil d’administration de la nouvelle entité devait comprendre cinq représentants de Cuda et deux de Junex.

En contre-proposition, Utica présente aux actionnaires de Junex deux options, a indiqué Junex mardi en révélant l’existence de cette offre non sollicitée. Ils peuvent recevoir 42 ¢ en argent comptant pour chaque action de Junex, ce qui représente une prime de 16 % sur le cours moyen du titre avant l’annonce de la transaction avec Cuda, ou 40 ¢ plus une « valeur contingente » donnant droit à une quote-part d’une redevance liée aux revenus du projet Galt.

Le conseil d’administration de Junex a entrepris de réviser l’offre de Ressources Utica. Si jamais Junex finissait par accepter l’offre d’Utica, la société devrait verser à Cuda des frais de résiliation de 2 millions, a-t-elle indiqué mardi.

Une autre pétrolière a récemment été acquise par des intérêts hors Québec : Pétrolia, qui est passée aux mains du groupe albertain Pieridae Energy. Cette transaction a eu lieu en 2017.