Lockout chez ABI: le fossé entre les parties s’est élargi

Les 1030 travailleurs d’ABI ont été mis en lock-out par la direction de l’entreprise le 11 janvier dernier.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Les 1030 travailleurs d’ABI ont été mis en lock-out par la direction de l’entreprise le 11 janvier dernier.

Après six mois de lockout et malgré l’entrée en scène de Lucien Bouchard comme médiateur spécial, les travailleurs de l’Aluminerie de Bécancour (ABI) croient que le fossé qui les sépare de l’employeur s’est élargi.

Les 1030 travailleurs d’ABI ont été mis en lockout par la direction de l’entreprise le 11 janvier dernier, au lendemain de leur rejet des offres patronales.

Au cours d’une assemblée générale mardi soir, les travailleurs, membres du Syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, ont malgré tout confirmé les orientations qu’ils avaient données à leur comité de négociation, et ce, dans une proportion de 90 %. Le taux de participation à l’assemblée était même de 81 %, a souligné au cours d’une conférence de presse, mercredi, Clément Masse, président de la section locale 9700 du Syndicat des Métallos.

 
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Il s’agit du nombre de personnes travaillant pour l’Aluminerie de Bécancour, en lockout depuis maintenant six mois

« Le seul progrès qu’on a, c’est que les deux parties se parlent » maintenant, a résumé M. Masse, au cours d’une entrevue mercredi. Mais « je ne peux pas vous dire que ça avance ». Il soutient que la direction de l’Aluminerie de Bécancour a ajouté des demandes depuis le début du conflit, qu’elle voudrait maintenant réduire le personnel dans une proportion de 20 %. M. Masse y voit « de la vengeance, comme pour punir les travailleurs », alors que c’est la direction qui a décrété le lockout, et non les travailleurs qui auraient décidé de débrayer.

« Il y avait un fossé, maintenant c’est un canyon », a ajouté DominicLemieux, adjoint au directeur québécois du Syndicat des Métallos, souvent appelé en renfort lorsque les conflits de travail se corsent. L’employeur, dit-il, « veut casser le syndicat, casser nos membres ».

De son côté, la direction d’ABI n’a pas confirmé précisément cette réduction de 20 %, mais a confirmé qu’elle avait présentement « une occasion d’ajuster sa structure organisationnelle sans mise à pied, en raison d’une vague de départs à la retraite ».

Il y avait un fossé, maintenant c’est un canyon

« Le mandat d’ABI comprend des améliorations qui repositionneront l’aluminerie pour un avenir durable, en maintenant des emplois de qualité à long terme, avec des salaires et des avantages sociaux concurrentiels », a justifié la direction, par voie de communiqué.

« La direction d’ABI a effectué une analyse comparative approfondie afin de tester et de mesurer de nombreuses idées sur la façon d’améliorer l’usine. Les changements proposés pour un nouveau contrat sont concurrentiels, équitables et alignés avec l’industrie de l’aluminium au Québec », a-t-elle ajouté.