Les discussions entre Boeing et Embraer progressent

L’avionneur brésilien Embraer est un grand concurrent de Bombardier, spécialisé notamment dans la fabrication d’avions commerciaux.
Photo: Maxim Malinovsky Agence France-Presse L’avionneur brésilien Embraer est un grand concurrent de Bombardier, spécialisé notamment dans la fabrication d’avions commerciaux.

Au moment où Airbus vient de prendre officiellement le contrôle du programme CSeries, imaginé par Bombardier au milieu des années 2000, Embraer et Boeing seraient en train de mettre la dernière touche à un projet de partenariat axé sur les avions commerciaux.

Après les révélations du quotidien brésilien Valor lundi, le constructeur brésilien a confirmé à l’Agence France-Presse que les deux entreprises sont en « discussions avancées » sur l’idée d’une alliance stratégique, ce que les observateurs voient comme la porte d’entrée pour Boeing vers le créneau des petits avions de ligne.

Le journal a écrit que le processus serait à ce point enclenché qu’une réunion aura lieu d’ici deux semaines pour que le projet soit soumis au gouvernement brésilien, détenteur d’un droit de blocage sur les grandes manoeuvres d’Embraer, ancienne société d’État.

L’Agence France-Presse s’est fait dire lundi soir qu’« Embraer n’entend pas donner de précisions, mais [que] les discussions entre les deux groupes sont avancées ».

Voilà déjà six mois que l’existence des négociations est connue du grand public, les deux entreprises en ayant fait l’annonce conjointe au mois de décembre 2017. « Boeing et Embraer confirment aujourd’hui être en discussions sur un rapprochement de leurs activités », ont-elles indiqué à l’époque. « Il n’y a aucune garantie que ces discussions aboutiront à un accord. »

Basé à Seattle, le groupe Boeing est très présent dans la défense, alors que ses avions commerciaux sont des appareils dont le nombre de places commence autour de 150 sièges. Grand concurrent de Bombardier, Embraer fabrique des avions militaires, des avions d’affaires de même que des avions commerciaux pouvant transporter de 40 à 130 passagers.

À la Bourse Bovespa, le titre d’Embraer a progressé de 5 % mardi, à 25,97 réaux brésiliens, alors que celui de Boeing, à New York, a reculé de 0,8 %, à 332,93 $US.

Pendant ce temps, à Mirabel

Ces informations surviennent alors que la cession du programme CSeries aux mains d’Airbus est maintenant officielle depuis le 1er juillet. Le géant européen, qui n’a rien payé mais qui entend contribuer sa force commerciale et son service après-vente pour stimuler les ventes d’appareils, entend d’ailleurs tenir un événement mercredi pour souligner cette passation qui ouvre du coup un nouveau chapitre.

Airbus et Bombardier ont convié les médias à l’usine d’assemblage de Mirabel, où sont construits ces appareils de 100 à 150 places, pour marquer la mise en oeuvre officielle du partenariat CSeries entre Airbus, Bombardier et Investissement Québec.

Seront présents les présidents d’Airbus et de Bombardier, Tom Enders et Alain Bellemare, de même que Philippe Balducchi, le haut gradé d’Airbus choisi pour diriger le programme CSeries, et Fred Cromer, qui dirige la division des avions commerciaux chez Bombardier.

Le programme CSeries devait être la pierre angulaire de l’avenir de la division aéronautique de Bombardier, mais des retards et des dépassements de coûts difficiles à supporter ont acculé la compagnie à la faillite en 2015. Investissement Québec a alors offert 1 milliard $US pour prendre une participation minoritaire dans le programme, et la Caisse de dépôt et placement a contribué 1,5 milliard $US pour entrer au capital de la division de matériel roulant, Bombardier Transport. Ottawa, pour sa part, a allongé un prêt remboursable de 372,5 millions.

« En ce jour où Airbus devient officiellement partenaire majoritaire du programme, le Syndicat des machinistes ne voudrait pas que l’on oublie que ce sont les travailleurs qui sont le coeur de l’aérospatiale québécoise », a écrit le syndicat des employés dimanche. « La prise de contrôle de la société en commandite CSeries par Airbus doit être considérée comme la fin d’un chapitre et non comme la fin de l’histoire. Cet appareil qui est né du savoir-faire des Québécois continuera d’être fabriqué à Mirabel, au moins jusqu’en 2041. »

Environ 2000 travailleurs oeuvrent à l’usine de Mirabel.