L'Arabie saoudite prête à augmenter sa production de pétrole

Le président américain, Donald Trump, et le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud lors d'une rencontre le 20 mai 2017 à Riyad
Photo: Mandel Ngan Agence France-Presse Le président américain, Donald Trump, et le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud lors d'une rencontre le 20 mai 2017 à Riyad

Les cours du pétrole ont légèrement progressé mardi à la veille d’un jour férié, après que le brut américain a atteint en séance la barre des 75 $US sous l’effet d’interrogations des marchés sur l’offre mondiale.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » (WTI) pour le contrat d’août a terminé à 74,14 $US contre 73,94 $US la veille, après avoir touché 75,27 $US en séance, à son plus haut depuis novembre 2014. Les investisseurs craignaient qu’il n’y ait pas assez d’or noir sur le marché pour satisfaire la demande en raison des pannes au Canada et de la décision libyenne de stopper toute exportation, avant une déclaration de l’Arabie saoudite.

L’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, a confirmé mardi être prête à utiliser sa capacité de production disponible, estimée à 2 millions de barils par jour, pour augmenter l’extraction de brut dans le but d’équilibrer le marché. « L’Arabie saoudite est prête à utiliser, au besoin, sa capacité de production pour faire face à l’avenir à toute fluctuation du marché », a indiqué dans un communiqué le Conseil des ministres, à l’issue de sa réunion ordinaire présidée par le roi Salmane. Cette annonce confirme les récents propos en ce sens du président américain, Donald Trump, et de la Maison-Blanche.

Selon le communiqué, le conseil des ministres a pris connaissance, au cours de sa réunion, de la teneur de la conversation téléphonique du roi Salmane avec le président Trump à ce sujet. Samedi matin, le président américain avait affirmé dans un tweet que l’Arabie saoudite pourrait augmenter sa production de « peut-être deux millions de barils » par jour. La Maison-Blanche et le royaume se sont efforcés de modérer le message en affirmant que ces deux millions de barils étaient les ressources disponibles qui seraient utilisées « si et quand il sera nécessaire afin d’assurer l’équilibre et la stabilité du marché ».

« Le président pousse l’Arabie saoudite à compenser les baisses de l’offre qui vont peser sur le marché quand les sanctions américaines contre l’Iran vont être appliquées, à partir du 4 novembre », ont expliqué les analystes de RaboBank. Le département d’État américain avait enjoint mardi à tous les pays, y compris la Chine et l’Inde, gros clients de Téhéran, de cesser leurs importations de pétrole iranien d’ici au 4 novembre sous peine de s’exposer aux sanctions américaines rétablies du fait de la décision prise en mai par Washington de sortir de l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015.

L’Iran a assuré dimanche qu’il mettrait en « échec » le projet américain visant à l’empêcher de vendre son pétrole à l’étranger, et a mis en garde l’Arabie saoudite contre toute volonté de se substituer à lui sur le marché mondial.