Tarifs douaniers: Leitão veut des mesures de soutien pour les entreprises

Le ministre des Finances québécois, Carlos Leitão
Photo: Patrick Doyle La Presse canadienne Le ministre des Finances québécois, Carlos Leitão

Le ministre des Finances québécois, Carlos Leitão, demande à son homologue fédéral des mesures concrètes pour aider les entreprises touchées par les tarifs douaniers américains et les rassurer.

Il participe mardi à la rencontre des ministres des Finances fédéral, provinciaux et territoriaux. Ceux-ci se rencontrent deux fois par année à Ottawa, en décembre et en juin, mais cette fois leur réunion se déroule dans un contexte de guerre commerciale avec les États-Unis. La menace que fait peser l’administration Trump sur l’économie canadienne fera donc partie des discussions.

« Il y a lieu d’avoir des mesures concrètes de soutien aux entreprises touchées par ces tarifs américains et ces mesures devraient être concertées particulièrement avec le Québec, l’Ontario et le gouvernement fédéral », a soulevé M. Leitão en insistant sur l’importance de présenter un front uni aux Américains.

À son arrivée, le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, s’est contenté d’une déclaration et n’a pris aucune question. « [C’est] une journée importante, une journée où on va considérer nos défis et aussi nos opportunités », a-t-il dit.

L’ambassadeur du Canada aux États-Unis, David MacNaughton, a été invité à la rencontre pour aborder la question des relations canado-américaines. Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, présentera ses prévisions économiques comme il le fait généralement à chaque réunion.

Les directeurs financiers d’entreprises de plusieurs secteurs de l’économie canadienne, comme le commerce au détail, les secteurs manufacturiers et des ressources naturelles, ont également l’occasion de s’adresser aux ministres pour discuter des impacts des récentes décisions américaines.

Le président Donald Trump a imposé le 1er juin des tarifs douaniers de 25 % sur les importations d’acier et de 10 % sur celles de l’aluminium du Canada, du Mexique et de l’Europe.

Le Canada en imposera à son tour dès dimanche sur l’acier, l’aluminium et de nombreux produits de consommation. Ces droits canadiens s’élèveront à 16,6 milliards de dollars.

« C’est toujours très délicat, a commenté M. Leitão. Je pense que nous voulons tous éviter une guerre commerciale, donc éviter une escalade dont personne ne sortirait gagnant, a-t-il continué. En même temps, c’est aussi très utile d’envoyer le message qui a été envoyé par M. Trudeau et le gouvernement fédéral que le Canada “won’t be pushed around”.»

Il a rappelé que le premier ministre québécois, Philippe Couillard, est à Washington pour rencontrer le secrétaire au Commerce américain, Wilbur Ross, et que « les choses vont se dire ».

Querelle sur la péréquation

Certaines provinces, comme l’Alberta, la Saskatchewan et Terre-Neuve-et-Labrador, veulent également aborder la question de la péréquation qui ne figure pas à l’ordre du jour de la rencontre des ministres des Finances.

Ces provinces se sentent désavantagées par la formule actuelle que les parlementaires fédéraux viennent de renouveler jusqu’en 2024.

Six provinces, dont le Québec, ont reçu des paiements de péréquation totalisant près de 19 milliards de dollars en 2018-2019. L’Alberta, la Saskatchewan et Terre-Neuve-et-Labrador font partie des provinces qui n’en reçoivent pas.

La formule de péréquation sert à donner un soutien financier aux provinces plus pauvres pour leur permettre d’offrir des services publics comparables à ceux des autres provinces.