Harley-Davidson déplacera une partie de sa production à l’étranger

Une motocyclette Harley-Davidson dans les rues de Rome. Le marché européen est le second en importance pour la compagnie américaine, après les États-Unis.
Photo: Filippo Monteforte Agence France-Presse Une motocyclette Harley-Davidson dans les rues de Rome. Le marché européen est le second en importance pour la compagnie américaine, après les États-Unis.

Le légendaire constructeur de motos Harley-Davidson a annoncé lundi qu’il déplacerait à l’étranger la production des motos destinées au marché européen, afin d’échapper aux tarifs douaniers de l’Union européenne.

La compagnie a expliqué que les droits européens imposés aux motos exportées depuis les États-Unis sont passés de 6 % à 31 %, ce qui ajouterait environ 2200 $ US au coût d’une moto exportée des États-Unis vers l’Union européenne.

L’Union européenne a imposé vendredi des tarifs douaniers sur des produits américains d’une valeur totale de 3,4 milliards de dollars américains, en riposte à la décision du gouvernement Trump d’appliquer des droits à l’aluminium et à l’acier européens.

M. Trump avait cité Harley-Davidson en exemple des compagnies à qui les barrières commerciales faisaient mal. Le constructeur de motos avait pourtant fréquemment mis en garde contre les tarifs douaniers, en prévenant que cela nuirait à ses ventes.

2200 $
C’est l’augmentation du prix d’une moto Harley-Davidson vendue en UE avec les nouveaux tarifs douaniers.

Harley-Davidson a ajouté ne pas avoir l’intention d’augmenter ses prix pour éviter de nuire à ses affaires en Europe. La compagnie a écoulé quelque 40 000 motos sur le territoire de l’Union européenne l’an dernier, ce qui en fait sa deuxième source de revenus derrière les États-Unis.

Seule option

Harley-Davidson a expliqué qu’une augmentation de sa « production internationale pour alléger le fardeau douanier de l’UE n’est pas ce que la compagnie préfère, mais c’est la seule option viable pour rendre ses motos accessibles aux clients de l’UE et assurer la viabilité de ses affaires en Europe. L’Europe est un marché de première importance pour Harley-Davidson ».

Harley-Davidson a expliqué que le transfert de la production des États-Unis à l’étranger pourrait prendre entre 9 et 18 mois.

Donald Trump a réagi dans un tweet, se disant « surpris » que, « de toutes les compagnies américaines », Harley-Davidson soit « la première à agiter le drapeau blanc ».

« J’ai bataillé dur pour eux et au bout du compte ils ne paieront pas de droits de douane vers l’Europe […] Les taxes douanières ne sont qu’un prétexte. Soyez patients », a affirmé le président.