Les coûts élevés de l’énergie continuent de faire grimper les prix

La hausse de l’Indice des prix à la consommation (IPC) en mai avait été stimulée par la progression de 22,9 % du prix de l’essence.
Photo: David Zalubowski Archives Associated Press La hausse de l’Indice des prix à la consommation (IPC) en mai avait été stimulée par la progression de 22,9 % du prix de l’essence.

Des données économiques moins vigoureuses que prévu semblent soulever des doutes quant au moment où la Banque du Canada décidera d’aller de l’avant avec une nouvelle hausse de son taux directeur.

Depuis des mois, plusieurs experts anticipent un resserrement monétaire lors de la prochaine réunion de la banque centrale, le mois prochain. Des analystes se demandent si une série d’éléments — liés principalement aux inquiétudes commerciales provoquées par les politiques protectionnistes de l’administration Trump — vont plutôt inciter le gouverneur Stephen Poloz à opter pour le statu quo le 11 juillet.

Vendredi, deux rapports publiés par Statistique Canada ont contribué à alimenter l’incertitude entourant la prochaine hausse du taux directeur de la Banque du Canada.

Dans un premier temps, l’agence fédérale a indiqué que pour un deuxième mois consécutif, l’inflation annuelle avait été de 2,2 % en mai, ce qui a été moins élevé que les attentes du marché, à 2,6 %.

De plus, Statistique Canada a révélé que les ventes des détaillants s’étaient contractées de 1,2 % en avril, soit le premier déclin mensuel depuis décembre.

« Ces rapports démontrent que l’économie s’est essoufflée de manière significative depuis un an ou deux, a expliqué Robert Kavcic, économiste principal chez BMO Marchés des capitaux, au cours d’une entrevue. En raison de l’incertitude, je crois que les attentes à l’égard d’un resserrement monétaire en juillet vont être tempérées. »

De son côté, Royce Mendes, de Marchés mondiaux CIBC, a écrit dans un rapport que ces « mauvaises données » risquent de compliquer la tâche de la banque centrale en vue d’une éventuelle hausse du taux directeur en juillet.

Il a toutefois ajouté que les choses pouvaient changer d’ici le 11 juillet, étant donné que les données sur le produit intérieur brut et l’emploi sont toujours attendues.

La banque centrale étudie de près l’inflation avant de prendre ses décisions sur les taux d’intérêt. Ses hausses du taux directeur sont son principal outil pour empêcher l’inflation de grimper trop haut.

Les observateurs seront à la recherche d’indices à l’occasion d’un discours qui doit être prononcé par M. Poloz, mercredi prochain, à la chambre de commerce de Victoria, en Colombie-Britannique.

L’inflation dopée par le prix de l’essence

En avril, l’inflation annuelle avait également été de 2,2 %, alors qu’elle avait été de 2,3 % en mars.

L’agence fédérale a expliqué que la croissance en mai avait été stimulée par la progression de 22,9 % du prix de l’essence, ce qui a contribué à faire grimper les prix de l’énergie de 11,6 %.

Le rapport de Statistique Canada permettait aussi de constater que la moyenne des trois mesures de l’inflation de base de la Banque du Canada — des données qui excluent les distorsions que peuvent entraîner les prix les plus volatils, comme ceux de l’essence et des fruits et légumes frais — avait ralenti à 1,9 %.

L’inflation de 2,2 % observée en mai est restée assez forte pour se maintenir au-dessus de la cible idéale de 2 % de la Banque du Canada.

En ce qui a trait aux ventes des détaillants, elles se sont chiffrées à 49,5 milliards $ en avril, en recul de 1,2 %.

Le recul a été essentiellement attribuable à un déclin de 4,3 % des ventes des concessionnaires de véhicules et de pièces automobiles. Les ventes d’automobiles neuves ont reculé de 5,1 % et celles d’occasion ont décliné de 4,1 %.

Statistique Canada a expliqué que les températures plus froides qu’à l’habitude et que de mauvaises conditions météorologiques à plusieurs endroits au pays expliquent le recul affiché en avril.

Le déclin des ventes s’est particulièrement observé dans les provinces les plus populeuses. Au Québec, les ventes ont fléchi de 2,7 %, alors qu’en Ontario, la baisse a été de 2,3 %.