Aluminium et acier: Québec aidera les PME

Certaines PME spécialisées dans la transformation n’auront pas les moyens d'absorber les droits d’importation imposés par les États-Unis.
Photo: Andrew Thurtell Getty Images Certaines PME spécialisées dans la transformation n’auront pas les moyens d'absorber les droits d’importation imposés par les États-Unis.

Québec épaulera les plus petits joueurs de l’industrie de l’aluminium et de l’acier visés par les droits tarifaires aux États-Unis en débloquant une première tranche de 100 millions en garanties de prêt. La ministre de l’Économie, Dominique Anglade, en a fait l’annonce lundi après-midi, au terme d’une rencontre à Montréal avec des acteurs de l’industrie ainsi que des représentants syndicaux, patronaux et des municipalités.

Le Canada, le Mexique et l’Europe ne seront plus exemptés des droits d’importation de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium qui avaient été imposés pour la première fois en mars. Ottawa a répliqué en imposant des surtaxes sur des importations d’acier, d’aluminium et d’autres produits importés des États-Unis pouvant atteindre 16,6 milliards à compter du 1er juillet.

Contrairement aux producteurs primaires, comme Rio Tinto, Alcoa et Aluminerie Alouette — qui exploitent neuf alumineries au Québec —, les plus petits transformateurs n’ont pas tous les reins suffisamment solides pour absorber le tarif de 10 %. Certaines petites et moyennes entreprises spécialisées dans la transformation affirment que des clients américains ont déjà prévenu qu’ils n’allaient pas assumer la facture supplémentaire découlant de la surtaxe.

Le gouvernement Trudeau a déjà fait savoir la semaine dernière qu’il comptait analyser les effets de cette nouvelle dispute commerciale afin de déterminer quelle forme d’aide est la plus adéquate pour l’industrie.

Réunion d’urgence

Dans la foulée de la décision du président Donald Trump d’imposer des tarifs et de sa volte-face en matière de commerce international à l’issue de la réunion du G7 en fin de semaine dernière, Québec a réuni ce lundi tous ses représentants aux États-Unis afin de tenter de trouver une voie de passage au travers des mines que le président américain ne cesse de semer sur son parcours désordonné dans le champ des relations canado-américaines.

La ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre, a indiqué lundi matin qu’elle avait convoqué tout son personnel en territoire américain pour une discussion par visioconférence à la suite des derniers développements en matière de commerce international avec les États-Unis. « Il y a quelque chose d’incompréhensible là-dedans », a affirmé Mme St-Pierre en marge d’une annonce dans la métropole.

Mme St-Pierre n’a pas caché que son gouvernement est « très déçu » et « tout aussi choqué » que quiconque face à l’attitude belliqueuse du président d’un pays avec qui « nous sommes des alliés depuis toujours ». Plus encore, elle avoue rencontrer la même incompréhension chez les interlocuteurs américains du Québec. « Les échos qu’on a, c’est que les Américains eux-mêmes ne comprennent pas pourquoi on remet en question le libre-échange avec le Canada », a-t-elle indiqué.