Airbus a finalisé la prise de contrôle du programme CSeries

Les deux entreprises et Investissement Québec ont officiellement signé jeudi soir les documents autorisant la cession du programme au géant européen au 1er juillet.
Photo: Ryan Remiorz Archives La Presse canadienne Les deux entreprises et Investissement Québec ont officiellement signé jeudi soir les documents autorisant la cession du programme au géant européen au 1er juillet.

Pleins gaz sur l’accélération de la production. Huit mois après le coup de tonnerre qui a redessiné tout un pan de l’industrie aéronautique, bien d’avance sur l’échéancier prévu, Airbus voit avec optimisme sa prise de contrôle du programme CSeries mais ne souhaite pas chiffrer l’ampleur des réductions de coûts qu’elle cherche auprès de ses fournisseurs.

Les deux entreprises et Investissement Québec ont officiellement signé jeudi soir les documents autorisant la cession du programme au géant européen au 1er juillet, ce que Bombardier présente depuis le début comme façon de faire décoller la famille d’avions CSeries grâce à la force de vente d’Airbus.

« Nous avons finalisé l’entente avec des semaines d’avance. Nous sommes extrêmement heureux d’avoir fait ça. Les perspectives de l’avion sont très bonnes », a dit Philippe Balducchi, un haut gradé d’Airbus choisi pour diriger le programme CSeries, lors d’une conférence téléphonique tôt vendredi matin. « Nous allons travailler très fort pour améliorer l’efficacité des activités. »

Bombardier a fait « un excellent boulot pour amener le programme là où il se trouve aujourd’hui, y compris concernant la chaîne de fournisseurs », a dit le directeur financier d’Airbus, Harald Wilhelm.

Plan de redressement

« Ce jalon étant réalisé, tous nos efforts sont désormais axés sur la concrétisation des occasions de croissance pour l’ensemble du portefeuille et sur la réalisation des objectifs restant à atteindre dans le cadre de notre plan de redressement », a indiqué dans un communiqué le président de Bombardier, Alain Bellemare.

Selon le ministre fédéral du Développement économique, Navdeep Bains, dont le ministère a procédé à un examen de la transaction, « cet investissement bénéficiera aux Canadiens en faisant croître notre secteur de l’aérospatiale et en créant des emplois ».

Les appareils CSeries, qui occupent le créneau des avions monocouloir de 100 à 150 sièges, sont assemblés à Mirabel, où travaillent 2200 personnes. La chaîne d’approvisionnement implique une constellation d’entreprises, dont beaucoup de PME québécoises.

Invité à chiffrer l’effort qu’Airbus cherche à faire du côté des coûts, M. Wilhelm a refusé de s’avancer dans les détails en précisant que les fournisseurs n’apprécieraient probablement pas ce genre de commentaires en public. La recherche constante d’économies qu’Airbus a appliquée à ses appareils A320, tant dans la fabrication de pièces que dans les achats, sera importée à Mirabel, a-t-il dit.

4,88 $
La valeur de l’action de Bombardier à la Bourse de Toronto vendredi

La décision de Bombardier de céder à Airbus son programme a été annoncée au moment où l’entreprise faisait face à la menace de sanctions douanières extrêmement sévères à la frontière américaine. Les droits ont finalement été invalidés par un tribunal commercial à Washington.

Airbus n’a pas eu à verser d’argent pour prendre le contrôle du programme, mais offre sa force de commercialisation de même que son service après-vente. Au début du mois de mai, l’entreprise a indiqué que 200 personnes travaillaient déjà à l’intégration des sociétés.

L’entente prévoit qu’en cas de déficit du programme, Bombardier pourrait lui verser jusqu’à 225 millions pendant la deuxième moitié de 2018. L’entreprise a affirmé jeudi que cette somme pourrait atteindre 350 millions en 2019, et « jusqu’à un montant total maximum de 350 millions au cours des deux années suivantes ».

La construction d’une chaîne de montage en Alabama, un plan présenté à l’automne 2017 comme une façon de contourner d’éventuels tarifs américains sur des avions importés, ne commencera qu’en 2019, a indiqué Airbus. Les livraisons aux clients américains, dont Delta fait déjà partie, débuteront en 2020.

La chaîne de montage principale du programme sera à Mirabel, a réitéré Airbus.

L’action de Bombardier a reculé de 0,8 %, à 4,88 $, à la Bourse de Toronto.