CMC recule sur la question des retraites

CMC Électronique offre ses services, entre autres, dans l'intégration de poste de pilotage, dont celui de certains Boeing 747.
Photo: Artyom Anikeev Getty Images CMC Électronique offre ses services, entre autres, dans l'intégration de poste de pilotage, dont celui de certains Boeing 747.

L’instauration d’un régime de retraite à deux vitesses n’est plus un enjeu diviseur chez CMC Électronique. Les travailleurs de l’ancienne Marconi ont entériné l’entente de principe conclue plus tôt cette semaine dans une forte proportion.

Les employés d’usine ont approuvé jeudi l’entente de principe dans une proportion de 94 % et ceux des bureaux, dans une proportion de 87,5 %. Ce vote met fin à la grève des 450 travailleurs de CMC déclenchée le 24 mai.

Les 239 employés de la production et les 205 des bureaux, membres du syndicat Unifor, avaient alors rejeté massivement, dans une proportion de 90 % et de 82,5 %, respectivement, l’offre finale de l’employeur. Au coeur du litige : un régime de retraite à deux vitesses que voulait implanter CMC à compter du 1er juillet. L’enjeu était d’autant plus suivi que l’on prêtait à l’entreprise l’intention d’imposer un régime de retraite à cotisations déterminées aux nouveaux employés avant l’application du projet de loi 176.

Le 25 mai dernier, le premier ministre Philippe Couillard avait fait référence à ce conflit pour lancer un appel aux partis d’opposition afin qu’ils collaborent pour que soit adoptée avant la fin de la session parlementaire la réforme de la Loi sur les normes du travail.

À l’opposé, les grandes associations patronales avaient dénoncé un geste expéditif de Québec dans sa présentation du projet de loi. « Un colis explosif qu’on est en train de traiter comme une simple lettre à la poste », ont-elles déploré à la fin du mois dernier. « Ce que nous décrions ici, c’est la totale absence de débats, d’analyses, de réflexions, voire d’esprit critique, quant aux conséquences négatives d’un tel projet de loi sur le marché du travail, tant pour les employeurs que pour des milliers d’employés concernés », avaient-elles écrit.

CMC a finalement reculé sur l’enjeu de la retraite. « On a réussi à sécuriser le régime de retraite pour les générations futures. On a réussi à rester debout devant un employeur qui voulait sacrifier la solidarité des générations. Ne serait-ce que sur ce principe-là, nous, on n’a pas plié ; les travailleurs sont restés debout », s’est réjoui Alexandre Lamarre, président de la section locale 2889 d’Unifor, au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne. En contrepartie, les travailleurs devront contribuer à un régime de retraite à prestations déterminées auparavant payé à 100 % par l’employeur.

Le projet de loi 176 sur les normes du travail déposé par le gouvernement du Québec en mars dernier prévoit, notamment, l’interdiction d’implanter un régime de retraite distinct selon la date d’embauche. Cette modification, qui n’est toutefois pas rétroactive, vise à inclure dans l’interdiction de clauses de disparité de traitement les régimes de retraite et d’assurances, a rappelé le syndicat.

Cette réforme demeure à l’étude à l’Assemblée nationale.