La vulnérabilité des ménages recule, dit la Banque du Canada

Selon le gouverneur de la banque centrale, Stephen Poloz, les institutions doivent «mieux regrouper les ressources pour renforcer la résilience globale» du système.
Photo: Patrick Doyle La Presse canadienne Selon le gouverneur de la banque centrale, Stephen Poloz, les institutions doivent «mieux regrouper les ressources pour renforcer la résilience globale» du système.

Les vulnérabilités qui accompagnent l’endettement des ménages canadiens « ont commencé à s’atténuer », a fait remarquer la Banque du Canada jeudi, mais l’institution demeure préoccupée par la perspective d’une cyberattaque.

Dans la dernière édition de sa Revue du système financier, la Banque du Canada, responsable d’établir la direction des taux d’intérêt, a noté que le train de mesures adoptées depuis un certain temps dans le monde hypothécaire semble avoir contribué à un effet concret.

Tout en notant la croissance de l’économie canadienne, le gouverneur de la Banque, Stephen Poloz, a dit que ces mesures, combinées à la hausse des taux d’intérêt, avaient mené à une « amélioration constante de la qualité des nouveaux prêts ».

« Nous avons deux raisons de rester vigilants, a dit M. Poloz lors d’une conférence de presse à Ottawa. Premièrement, la dette des ménages canadiens est si importante que nous savons qu’elle ne pourra pas se résorber avant longtemps. Deuxièmement, il est trop tôt pour évaluer toutes les incidences des dernières lignes directrices sur le crédit hypothécaire. »

Depuis le début de l’année, de nouvelles règles fédérales prévoient qu’un emprunteur doit se soumettre à une simulation de crise pour déterminer sa capacité à payer en cas de hausse des taux d’intérêt.

Le recours aux emprunts dans un contexte de faibles taux d’intérêt et de prix résidentiels en hausse a fait en sorte que l’endettement des ménages a crû de façon spectaculaire au cours des dernières années. Le ratio de la dette au revenu disponible des ménages s’est approché de 170 % à la fin de l’année dernière, mais la Banque a dit qu’il a « probablement baissé légèrement au premier trimestre de 2018 ».

Recul de la croissance du crédit

La banque centrale, qui a laissé ses taux inchangés la semaine dernière, a indiqué que le rythme de croissance du crédit ralentit depuis quelques mois. Exprimée en termes annuels, la croissance du crédit hypothécaire est passée d’environ 6 % à 4 %, tandis que celle du crédit de consommation est passée d’environ 5 % à 1 %.

Même si la Banque du Canada a choisi de ne rien toucher la semaine dernière, certains économistes ont vu dans son langage le signe d’une hausse possible lors de sa prochaine décision, au mois de juillet.

Le taux directeur de la banque, qui s’applique aux prêts que se font les banques sur une base quotidienne, affecte indirectement le taux sur les emprunts faits par les particuliers et les entreprises. Il se situe actuellement à 1,25 %.

Au sujet du risque des cyberattaques — un sujet qui a refait surface il y a deux semaines avec des incidents à la Banque de Montréal et Simplii —, la Banque du Canada a réitéré qu’il s’agit là d’une des trois principales vulnérabilités menaçant le système.

« Notre système financier est si interconnecté que l’on peut craindre la portée des effets d’une cyberattaque qui toucherait une institution. C’est pourquoi la Banque collabore avec les grandes banques et Paiements Canada à la mise en place de mesures qui garantissent la reprise rapide des activités de nos principaux systèmes de paiement dans l’éventualité d’une cyberattaque », a dit M. Poloz.

Selon le gouverneur de la banque centrale, les institutions doivent « mieux regrouper les ressources pour renforcer la résilience globale » du système.

Chacune de leur côté, la Banque de Montréal et Simplii, filiale de la CIBC, ont indiqué à la fin du mois de mai que des fraudeurs pourraient avoir mis la main sur les renseignements de clients. Simplii a estimé à 40 000 le nombre de personnes potentiellement touchées, alors que la BMO a estimé à « moins de 50 000 » le bassin de clients concernés chez elle.