Chute de 23% des investissements étrangers directs dans le monde en 2017

La faiblesse des prix du pétrole a contribué à la contraction des flux dans diverses économies africaines. Cette photo montre une plateforme pétrolière au large du Gabon. 
Photo: Justin Tallis Agence France-Presse La faiblesse des prix du pétrole a contribué à la contraction des flux dans diverses économies africaines. Cette photo montre une plateforme pétrolière au large du Gabon. 

Genève — Les investissements étrangers directs (IED) dans le monde ont reculé de 23 % l’an dernier, les pays africains, les États-Unis et le Royaume-Uni étant particulièrement touchés, a rapporté mercredi l’ONU, dont les perspectives restent sombres.

Dans son rapport annuel, la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) explique que les IED sont descendus l’année dernière à 1,430 milliards de dollars (1,210 milliards d’euros), en raison de la diminution des grandes fusions-acquisitions et de la baisse des taux de rendement de ce type d’investissements.

Les investissements étrangers directs désignent les investissements par lesquels des entités résidentes dans un pays acquièrent un intérêt durable dans une entité résidente dans un pays étranger. Cette notion d’intérêt durable permet de distinguer les IED des flux purement financiers et plus fluctuants.

La baisse mondiale enregistrée en 2017 est en partie attribuable à une diminution de 22 % de la valeur des fusions-acquisitions transfrontalières, a affirmé la Cnuced.

« Cependant, même en faisant abstraction des transactions d’ampleur exceptionnelle et des reconfigurations qui ont pu exacerber les IED en 2016, le déclin observé en 2017 reste significatif », a-t-elle relevé.

Cette baisse s’explique aussi largement par «la baisse des taux de rendement» dans toutes les régions, en particulier en Afrique, en Amérique latine et aux Caraïbes.

Pour 2018, les perspectives restent sombres, selon la Cnuced, qui estime que « les flux mondiaux devraient augmenter de manière marginale ».

Le rapport note qu’une escalade des tensions commerciales pourrait affecter négativement l’investissement. Par ailleurs, « la réforme fiscale aux États-Unis affectera probablement de manière significative les investissements dans le monde», ont jugé les experts.

Dans les économies développées, les flux d’IED ont diminué de 37 % pour atteindre 712 milliards de dollars en 2017. En Europe, ces flux ont reculé dans l’ensemble, mais ont rebondi en France et en Allemagne.

Selon le rapport, la baisse des IED dans les pays riches s’explique surtout par « les réductions importantes » au Royaume-Uni, faisant suite à la valeur exceptionnellement élevée des fusions-acquisitions en 2016, et aux États-Unis, « où les autorités ont resserré la vis aux "inversions fiscales" », mécanisme par lequel des entreprises américaines délocalisent leur siège social dans un pays à taux d’imposition plus bas en achetant une société étrangère.

En 2017, l’Asie est redevenue la principale région bénéficiaire des IED, les flux étant restés stables, à 476 milliards de dollars.

Les IED en Amérique latine et dans les Caraïbes ont augmenté pour la première fois depuis six ans l’an dernier, en hausse de 8 %, à 151 milliards.

La faiblesse des prix du pétrole et les conséquences négatives de la récession du secteur des matières premières sur le plan macroéconomique ont en revanche contribué à la contraction des flux dans les principales économies africaines, selon la Cnuced. Les IED vers l’Afrique ont ainsi chuté de 21 % en 2017, à 42 milliards.