Onze investisseurs s’unissent pour changer les choses

Le groupe souhaite réaliser une série d’avancées dans les domaines des changements climatiques.
Photo: Andrew Vaughan La Presse canadienne Le groupe souhaite réaliser une série d’avancées dans les domaines des changements climatiques.

Alors que s’apprête à débuter le Sommet du G7, 11 investisseurs institutionnels menés entre autres par la Caisse de dépôt et placement du Québec unissent leurs forces dans l’espoir de réaliser une série d’avancées dans les domaines des changements climatiques, de l’égalité entre les sexes ainsi que du déficit d’infrastructures.

En collaboration avec le Régime de retraite des enseignantes et enseignants de l’Ontario, la Caisse souhaite que le groupe d’investisseurs — dont l’actif sous gestion dépasse 6000 milliards — mette à profit son approche à plus long terme, généralement plus adéquate pour relever des défis d’envergure. Leurs intentions ont été dévoilées à Toronto, mercredi, dans le cadre d’une conférence de presse à laquelle participaient entre autres le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, ainsi que son homologue à l’Environnement et au Changement climatique, Catherine McKenna.

« Étant donné l’importance de chacun des enjeux, c’est certain que nous allons avoir un cadre qui s’échelonne à plus long terme », a expliqué M. Sabia au cours d’un entretien téléphonique avec La Presse canadienne. Puisque les résultats des différentes initiatives ne s’observeront pas dans l’immédiat, c’est pour cette raison que des investisseurs institutionnels, réputés pour être plus patients, ont décidé de pousser à la roue. Voici un survol des initiatives mises en avant:

Infrastructures

Avec un besoin en investissement atteignant 3300 milliards d’ici 2030, notamment dans les pays en croissance, les partenaires mettront sur pied un programme de formation pour les hauts fonctionnaires dans ces marchés.

Même si la Caisse de dépôt a mis sur pied une filiale spécialisée dans les infrastructures — CDPQ Infra —, c’est à la Schulich School of Business de l’Université York, à Toronto, que la première cohorte sera formée, à l’été 2019. Graduellement, d’autres établissements d’enseignement établis en territoire canadien ainsi qu’ailleurs dans le monde pourraient être mis à contribution.

Égalité des sexes

Les investisseurs et gestionnaires de régimes de retraite veulent se pencher sur la sous-représentation des femmes dans les équipes de direction des entreprises en plus d’inciter celles-ci à choisir une carrière dans le secteur de la finance et de l’investissement.

En usant de leur influence, les 11 partenaires ont notamment l’intention d’accentuer la pression auprès des gestionnaires de fonds sur cet enjeu. De plus, ils s’engagent à collaborer avec le CFA Institute et son réseau afin de mettre sur pied un programme de stages — l’Investment Foundations Internship Program — destiné aux femmes du niveau universitaire dans les marchés en croissance.

« Notre objectif est de travailler étroitement avec au moins environ 2000 jeunes femmes d’ici trois ans, a précisé M. Sabia. Nous avons des cibles bien identifiées de ce côté. »

Changements climatiques

Même si des membres du groupe détiennent des investissements dans des secteurs à fortes émissions de gaz à effet de serre, ceux-ci souhaitent une uniformisation de la divulgation liée aux changements climatiques.

Ceux-ci comptent s’inspirer des conclusions du Groupe de travail sur l’information financière relative aux changements climatiques du Conseil de stabilité financière, publiées en juin 2017. Entre autres, les investisseurs institutionnels ont l’intention de faire la promotion des recommandations du document afin qu’elles soient adoptées par d’autres sociétés de portefeuille et entreprises.

« Nous allons utiliser l’influence de 6000 milliards d’actif pour encourager les sociétés à adopter la même structure de divulgation, a expliqué le grand patron de la Caisse. C’est une façon de continuer à intensifier la lutte contre les changements climatiques. »

Voici la liste des 11 investisseurs institutionnels (la taille de l’actif se trouve entre parenthèses lorsque disponible) :

Alberta Investment Management Corporation (100 milliards $CAN)

Allianz (126 milliards d’euros, ou 191,6 milliards $CAN)

Aviva (490 milliards de livres, ou 849,22 milliards $CAN)

Caisse de dépôt et placement du Québec (298,5 milliards $CAN)

CalPERS (355 milliards $US, ou 458,22 milliards $CAN)

Generali Group

Natixis Investment Managers (1008 milliards $US, ou 1301 milliards $CAN)

Office d’investissement du régime de pensions du Canada (356,1 milliards $CAN)

Omers (95 milliards $CAN)

OPTrust (20 milliards $CAN)

PGGM (218 milliards d’euros, 331,4 milliards $CAN)

Régime de retraite des enseignantes et enseignants de l’Ontario (189,5 milliards $CAN)