Ligne de transport: Hydro et son partenaire mobilisent d’autres élus au Maine

Le tracé de 233 kilomètres en sol américain de la ligne de transport, qui doit passer par le Maine, emprunterait le sud du New Hampshire pour rejoindre le Massachusetts.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le tracé de 233 kilomètres en sol américain de la ligne de transport, qui doit passer par le Maine, emprunterait le sud du New Hampshire pour rejoindre le Massachusetts.

D’autres élus du Maine ont décidé d’appuyer publiquement le projet de ligne de transport proposé par Hydro-Québec et son partenaire américain, alors que ceux-ci négocient toujours avec le Massachusetts pour la conclusion d’un contrat d’approvisionnement de 20 ans.

Les quatre signataires, dont le président du Sénat du Maine Michael Thibodeau, ont récemment transmis une lettre en ce sens au secrétaire de l’Énergie et de l’Environnement du Massachusetts Matthew Beaton.

Bien qu’ils vantent les potentielles retombées économiques du New England Clean Energy Connect (NECEC), les élus rappellent néanmoins que ce projet doit être examiné en profondeur avant d’obtenir le feu vert. « Une évaluation approfondie, juste et transparente [du projet] est essentielle pour assurer la protection du public, fait valoir la missive d’une page des signataires. Nous croyons qu’avec un processus rigoureux, le projet peut générer d’importants bénéfices pour le Maine, le Massachusetts et le reste de notre région. »

Réalisé par la société Central Maine Power et Hydro-Québec, le projet, dont la mise en service est prévue en 2022, constitue l’option de rechange pour le Massachusetts, qui avait à l’origine retenu le projet Northern Pass. Cette ligne de transport, qui doit traverser le Maine, doit encore franchir plusieurs étapes afin d’obtenir les permis nécessaires à sa construction. Un processus similaire devra avoir lieu au Québec.

« Nous accueillons favorablement les bénéfices tangibles que le NECEC devrait engendrer […] au Maine grâce à une diminution de la facture énergétique des consommateurs, de nouveaux emplois pendant la phase de construction et par un impact positif sur l’activité économique. »

La ligne de transport fait toutefois face à de l’opposition dans cet État américain, puisque certains élus, des groupes écologistes, des citoyens ainsi que trois producteurs d’électricité souhaitent que le projet ne se réalise jamais. Dans le cadre des audiences au Maine, une trentaine de citoyens ont publié des commentaires qui soulèvent des préoccupations entourant l’impact environnemental de la construction d’une ligne de transport.

Le coût du NECEC est évalué à environ 950 millions $US aux États-Unis. Le tracé de 233 kilomètres en sol américain, qui doit passer par le Maine, emprunterait le sud du New Hampshire pour rejoindre le Massachusetts.

Au Québec, rien n’a encore été déterminé. Récemment, le gouverneur du Maine, Paul LePage, avait écrit au gouverneur du Massachusetts, Charlie Baker, ainsi qu’au premier ministre Philippe Couillard afin de réitérer son appui au NECEC. Celui-ci voulait corriger le tir après avoir vu deux sénateurs républicains et deux représentants démocrates manifester leur opposition au projet le mois dernier.

Même si les promoteurs du NECEC disent avoir atteint les « étapes finales » des négociations avec le Massachusetts à la fin du mois d’avril, aucune entente n’a encore été annoncée. L’échéancier initial avait été fixé au 25 avril. Ce contrat permettrait à Hydro-Québec d’exporter 9,45 térawattheures d’hydroélectricité par année pendant 20 ans. Une porte-parole d’Hydro-Québec, Lynn St-Laurent, a rappelé qu’il s’agissait d’un « contrat important » et qu’il était « important de bien faire les choses », sans toutefois s’avancer sur le moment où une entente serait annoncée.