Mauvaise saison pour le sirop d’érable

Environ 118 millions de livres de sirop d’érable ont été récoltées ce printemps au Québec.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Environ 118 millions de livres de sirop d’érable ont été récoltées ce printemps au Québec.

L’année 2018 a connu une saison plutôt faible pour la production de sirop d’érable. Le printemps a été marqué par les extrêmes pour les acériculteurs québécois.

Ce printemps, les 13 700 acériculteurs du Québec ont réussi à récolter 118 millions de livres de sirop d’érable avec 46,8 millions d’entailles, pour un rendement moyen de 2,52 livres de sirop par entaille. « Un rendement faible si on compare aux dernières années », a souligné la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, qui rappelle qu’« en 2017, une année record, les acériculteurs québécois avaient produit 152,2 millions de livres d’or blond ».

La production a fortement varié d’une région à l’autre. « À l’ouest de la province, la Montérégie et le Centre-du-Québec ont connu une très bonne, voire une excellente saison. Cependant dans l’est, les acériculteurs du Bas-Saint-Laurent–Gaspésie ont eu une saison difficile en produisant en deçà de la moyenne. Le printemps tardif, les températures froides que nous avons connues et de grandes quantités de neige ont causé cette réalité. » Pour la Fédération, la production moyenne à 2,52 livres par entaille est qualifiée de faible. « Malgré les 2,5 millions d’entailles ajoutées au cours des dernières années, la Québec a produit 34 millions de livres en moins que l’an dernier. »

La réserve stratégique mondiale de sirop d’érable pour pallier les aléas de la nature prendra tout son sens cette année, ajoute-t-elle. Le rôle de cette réserve « est de pallier les impacts importants que la fluctuation annuelle de la production pourrait avoir à la baisse ou à la hausse sur les prix de sirop d’érable. Grâce à elle, les consommateurs ne manqueront certainement pas de sirop d’érable et ne devraient pas payer plus cher pour le sirop d’érable qu’ils achèteront ».

Dans un reportage de Radio-Canada, il est précisé que le Bas-Saint-Laurent–Gaspésie a produit en moyenne un peu plus d’une livre de sirop d’érable par entaille. Ce qui est bien loin de la moyenne annuelle qui avoisine trois livres. « Ça fait des années qu’on n’a pas vu ça », constate la présidente du Syndicat des producteurs acéricoles du Bas-Saint-Laurent, Sylvie Laliberté.

Les acériculteurs de la région devront composer avec des pertes financières puisqu’ils ne peuvent assurer que 80 % de leur production avec la financière agricole, ajoute la télévision d’État. « Le coup sera plus difficile à encaisser pour les nouveaux producteurs, selon Mme Laliberté, puisqu’ils n’ont pas tous contracté l’assurance récolte. »