Le taux de chômage à son plus bas en 18 ans aux États-Unis

De fortes créations d’emplois dans presque tous les secteurs d’activité (223 000) ont permis au taux de chômage de perdre un dixième de point, surprenant les analystes.
Photo: Nam Y. Huh Associated Press De fortes créations d’emplois dans presque tous les secteurs d’activité (223 000) ont permis au taux de chômage de perdre un dixième de point, surprenant les analystes.

L’économie américaine a encore affiché son dynamisme en mai en créant plus d’emplois que prévu, ce qui a fait tomber le taux de chômage à 3,8 %, son plus bas niveau en 18 ans.

De fortes créations d’emplois dans presque tous les secteurs d’activité (223 000) ont permis au taux de chômage de perdre un dixième de point, surprenant les analystes. Ils s’attendaient à un taux de sans-emploi stable à 3,9 % et à 190 000 nouvelles embauches nettes.

Léger bémol à ce tableau optimiste, la réduction du taux de chômage a été aidée par une mauvaise raison : le repli du taux de participation à l’emploi, qui est retombé à 62,7 %, au plus bas depuis un an.

Comme prévu, et alors qu’à travers le pays les entreprises commencent à offrir de meilleures rémunérations devant leurs difficultés à pourvoir des postes, le salaire horaire moyen a gagné 0,3 %. Cela porte l’augmentation des salaires sur un an à 2,7 %, la plus forte depuis janvier, qui reste toutefois à peine supérieure à celle de l’inflation (2,5 % selon l’indice des prix à la consommation).

Sur un an, sous le gouvernement Trump, le nombre de sans-emploi a décliné de 772 000 et le taux de chômage a perdu 0,5 point de pourcentage.

Tweet de Trump

Rompant avec la tradition et frôlant la rupture d’embargo, le président Donald Trump, adepte des tweets intempestifs, a enfreint le protocole en suggérant avant sa publication que le rapport sur l’emploi allait être bon. « J’ai hâte de voir les chiffres de l’emploi à 8 h 30 ce matin », a lancé le président américain à 7 h 21 dans un tweet-clin d’oeil qui a pu alerter les marchés. Ces indicateurs économiques critiques sont toujours publiés sous un strict embargo à 8 h 30 exactement pour éviter fuites et délits d’initiés sur les marchés.

Ceux-ci, qui s’attendaient déjà à une bonne nouvelle, n’ont guère tressailli avant l’heure officielle de publication et le conseiller économique de la Maison-Blanche, Larry Kudlow, a justifié l’initiative du président en affirmant qu’il était « le commandant en chef » et « n’avait pas révélé quoi que ce soit ». En mai, la première économie mondiale a continué sur les chapeaux de roue, poussant quasiment tous les secteurs d’activité à embaucher, le commerce de détail en tête, ce qui suggère une bonne tenue de la consommation, locomotive de la croissance.

Les acteurs financiers sont désormais convaincus que la banque centrale américaine va bien relever les taux d’intérêt lors de sa prochaine réunion monétaire les 12 et 13 juin.