Les nouveaux tarifs américains jettent une ombre sur une rencontre du G7

La rencontre de Whistler est présidée par le ministre canadien des Finances, Bill Morneau.
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne La rencontre de Whistler est présidée par le ministre canadien des Finances, Bill Morneau.

La décision des États-Unis d’imposer des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium au Canada et à d’autres pays jette une ombre sur la rencontre des ministres des Finances du G7 à Whistler en Colombie-Britannique.

La mesure annoncée par le président Donald Trump représentera sûrement un obstacle de taille pour que le gouvernement canadien atteigne ses objectifs au cours de cette réunion. Elle dresse aussi la table pour un sommet du G7 qui s’annonce houleux. Celui-ci se déroulera la semaine prochaine dans la région de Charlevoix au Québec. Ce sera la première fois que M. Trump posera le pied en sol canadien depuis son élection.

La nouvelle bombe lancée par le gouvernement américain ne pouvait qu’attirer l’attention à la rencontre de Whistler, même si un groupe d’éminents économistes et de leaders politiques a fait de son mieux pour éviter d’en parler. Au cours d’une séance de questions, ils ont tenté d’éviter de répondre directement aux interrogations suscitées par les tactiques commerciales américaines et leurs conséquences.

Ils ont plutôt défendu contre vents et marées le G7, soulignant son rôle de leadership, notamment en ayant contribué à éviter une deuxième Grande Dépression, il y a une décennie. « Merci, Amanda, d’avoir lancé cette grenade dans ma direction. Je vais tenter de me jeter dessus », a lancé à la blague le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, à l’animatrice de la discussion, Amanda Lang, qui tentait d’aborder le sujet.

La directrice générale de Fonds monétaire internationale, Christine Lagarde, l’ancien premier ministre canadien Paul Martin et un ancien premier sous-gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, figuraient aussi parmi les invités de ce groupe de discussion. « En fin de compte, si le commerce est sérieusement perturbé, si le niveau de confiance parmi les acteurs économiques a considérablement diminué, ce sont les plus pauvres et les moins privilégiés qui en souffriront le plus », a déploré Mme Lagarde, qui a dénoncé une forme « de remise en cause de la manière dont le monde fonctionne » depuis des décennies, basée sur « le principe de la confiance et de la coopération ».

La rencontre de Whistler est présidée par le ministre canadien des Finances, Bill Morneau. Il a insisté sur l’importance de montrer un front uni au G7. « Travailler ensemble est préférable à tenter de se contrecarrer, a-t-il déclaré. C’est un message vraiment important aujourd’hui et à long terme. »

Ce G7 Finances va finalement être essentiellement consacré au commerce, et le Canada va tenter de convaincre les États-Unis de reconsidérer leur décision, a-t-il ajouté. Bill Morneau a déclaré lors d’une conférence de presse qu’il avait l’intention de « clairement signifier notre désaccord avec les décisions qui ont été prises » jeudi soir au cours du dîner des ministres des Finances auquel devait participer le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin.

« Je m’attends à ce que nos alliés autour de la table expriment le même point de vue. Nous essaierons donc d’avancer […] pour encourager [les Américains] à revenir sur leur décision, qui n’est dans l’intérêt de personne », a-t-il ajouté.

La rencontre de Whistler se poursuivra jusqu’à samedi.