L’inflation s’envole dans la zone euro

Portée notamment par les prix du pétrole, l’inflation dans la zone euro s’est rapprochée en mai de l’objectif de 2 % fixé par la BCE.
Photo: Boris Horvat Agence France-Presse Portée notamment par les prix du pétrole, l’inflation dans la zone euro s’est rapprochée en mai de l’objectif de 2 % fixé par la BCE.

Bruxelles — L’inflation dans la zone euro s’est rapprochée en mai de l’objectif de 2 % fixé par la Banque centrale européenne (BCE), portée par les prix du pétrole et par un chômage au plus bas depuis neuf ans, selon des chiffres publiés jeudi par l’Office européen des statistiques, Eurostat.

Le taux de chômage en zone euro s’est établi à 8,5 % en avril, en baisse par rapport à 8,6 % en mars (révisé à la hausse). Il s’agit du taux le plus faible enregistré dans la zone euro depuis décembre 2008, quand il était de 8,3 % puis avait bondi à 8,7 % en janvier 2009. D’autre part, selon une première estimation d’Eurostat, l’inflation a atteint 1,9 % en mai dans les 19 pays ayant adopté la monnaie unique, un taux bien plus élevé que celui de 1,2 % enregistré en avril. Ce chiffre permet à la zone euro de s’inscrire dans les objectifs de la BCE, pour qui une inflation très légèrement inférieure à 2 % sur un an est considérée comme un signe de bonne santé de l’économie.

Mais il pourrait aussi accentuer les pressions pour que la BCE mette un frein à son vaste programme de rachats de dette publique et privée, ce qui pose problème au moment où l’Italie, très fortement endettée et qui bénéficie grandement de ce programme, traverse une grave crise politique. L’« Italie crée une sorte de casse-tête pour la BCE », résume Stephen Brown, économiste chez Capital Economics, d’autant plus que « les récentes hausses des prix du pétrole maintiendront l’inflation globale au-dessus de 2 % au cours des prochains mois ».

Cette accélération de l’inflation « n’aurait pas pu survenir à un moment plus difficile », estime pour sa part l’économiste Bert Colijn, de la banque néerlandaise ING. Le contexte est également compliqué par le fait que les États-Unis ont annoncé des droits de douane sur l’acier et l’aluminium européens, « ce qui […] pourrait avoir un impact inflationniste supplémentaire si le conflit commercial devient incontrôlable ».