Simons «s’en va en guerre» contre les géants du Web

L’entreprise vise l’expansion de ses magasins au Canada, dont neuf sont au Québec, trois sont en Alberta, deux sont en Ontario et un est en Colombie-Britannique.
Photo: Jason Franson La Presse canadienne L’entreprise vise l’expansion de ses magasins au Canada, dont neuf sont au Québec, trois sont en Alberta, deux sont en Ontario et un est en Colombie-Britannique.

La Maison Simons peut désormais compter sur le gouvernement provincial, la Caisse de dépôt et placement du Québec ainsi qu’Investissement Québec pour soutenir son projet de construction d’un nouveau centre de distribution, évalué à 215 millions.

L’annonce du partenariat a été faite à Québec mardi par la vice-première ministre et ministre de l’Économie, Dominique Anglade, et le président de l’entreprise, Peter Simons. Le gouvernement consentit ainsi un prêt à terme de 81 millions, alors que la Caisse de dépôt investira pour sa part 27 millions et Investissement Québec, 17 millions, à même ses fonds propres. Ces investissements permettront à l’entreprise québécoise, fondée en 1840 à Québec par John Simons, d’accélérer son virage numérique, dans un monde de plus en plus compétitif.

Le Fonds Immobilier de solidarité FTQ apporte également une contribution directe de près de 20 millions pour l’achat du terrain ainsi que la construction du nouveau centre.

Il ne s’agit pas d’une subvention, s’est bien défendu Peter Simons : « C’est un prêt que j’ai entièrement l’intention de rembourser promptement ». L’entrepreneur considère plutôt, au contraire, avoir « sacrifié quelque chose » en acceptant l’offre faite par le gouvernement, la Caisse de dépôt et Investissement Québec. « Ma vie change. On a ouvert nos capitaux […] Là, maintenant, j’ai des comptes à rendre à tout le monde », a-t-il dit en évoquant le fait qu’Investissement Québec devient actionnaire dans son entreprise.

S’il avait voulu faire autrement, il serait resté à capital fermé et aurait attendu quelques années (même si cela représente « une éternité » dans la vente en ligne) avant de lancer son nouveau centre de distribution. Mais ce sont ses « valeurs » qui lui ont dicté la marche à suivre : il était essentiel pour lui de maintenir ses installations dans la ville de Québec, là où tout a commencé pour La Maison Simons, qui est, fait à noter, la plus vieille entreprise privée du Canada. « Je vais faire ce que j’ai à faire parce que mon père m’a appris, il y a 33 ans : “Décide-toi, l’entreprise existe pour la famille ou la famille existe pour l’entreprise” », a relaté Peter Simons.

« On s’en va en guerre »

Fort d’un investissement total de 125 millions, et avec un nouveau centre de distribution qui ouvrira en 2020 et qui pourra expédier jusqu’à 40 millions d’articles par année, l’homme d’affaires d’origine irlandaise dit partir « en guerre » contre les géants du Web comme Amazon, entre autres. Il vise l’expansion de ses magasins au Canada (dont neuf sont au Québec, trois sont en Alberta, deux sont en Ontario et un est en Colombie-Britannique) en plus de vouloir prendre d’assaut le marché américain avec son offre en ligne. « On s’en va en guerre, parce que c’est une guerre pour nous, honnêtement. […] On va partir en guerre, on va innover comme on fait depuis 10 ans puis on va construire ça ici, à Québec », a-t-il souligné.

Une partie des sommes servira aussi à convertir le centre de distribution actuel de Simons à Québec en centre multi-usagers, ce qui permettra à des artisans et à de petites entreprises de bénéficier de l’expertise en commerce électronique développée par Simons au fil des ans.

Très critique des gouvernements dans le dossier de l’équité fiscale, M. Simons se dit maintenant satisfait des mesures prises par Québec. Il avait pressé le gouvernement d’agir face à la concurrence des entreprises étrangères, dont les ventes en ligne ne sont pas taxées. « Il y a d’autres juridictions à convaincre, que ce soit les autres provinces canadiennes, le gouvernement fédéral, mais on a un rôle de chef de file à jouer et on va continuer de jouer ce rôle de leadership », a martelé la ministre Anglade, mardi.