Bombardier décroche une grosse commande pour des avions CSeries

Air Baltic devient le plus gros client européen du programme CSeries, en voie d’être cédé au géant Airbus.
Photo: Bombardier Air Baltic devient le plus gros client européen du programme CSeries, en voie d’être cédé au géant Airbus.

Au moment où Airbus met la touche finale à la prise de contrôle du programme CSeries, Bombardier a annoncé lundi qu’Air Baltic lui achètera 30 appareils dans le cadre d’une commande dont le prix au catalogue est estimé à 2,9 milliards.

L’entente, qui prévoit une option pour 30 avions supplémentaires, constitue la plus importante commande du programme depuis l’été 2016, quand Air Canada a annoncé l’achat de 45 appareils avec une possibilité de 30 autres.

Ces avions, qui s’ajoutent aux 20 déjà commandés par la société d’État lettonne, font en sorte qu’Air Baltic devient le plus gros client européen du programme CSeries, en voie d’être cédé au géant Airbus en contrepartie de sa force de commercialisation et de service après-vente.

Le choix de l’appareil, décrit comme silencieux et moins gourmand que ses concurrents, s’explique notamment par des « économies de carburant démontrées de plus de 22 % », a dit le chef de la direction d’Air Baltic, Martin Gauss.

« L’avion CS300 contribue grandement à limiter nos coûts d’exploitation. »

M. Gauss a ajouté que la société envisage de « faire croître davantage notre flotte pour la porter à 80 avions CS300, tout en retirant progressivement nos autres types d’avions au cours des trois prochaines années ».

Alimentés par un moteur de Pratt Whitney, les appareils CSeries occupent le créneau des avions de 100 à 150 sièges, selon le modèle et les différentes configurations possibles.

Ils sont assemblés à Mirabel où travaillent environ 2000 employés, lesquels oeuvrent aussi sur les avions régionaux CRJ. Avant la nouvelle commande d’Air Baltic, Bombardier avait récolté des contrats pour 372 appareils.

Sécuriser les emplois

« C’est du positif pour la sécurité d’emplois en aérospatiale au Québec », a affirmé le coordonnateur québécois du Syndicat des machinistes, David Chartrand. « AirBaltic a été le premier transporteur à utiliser le CS-300. C’est donc une preuve supplémentaire de la qualité de la C Series et une preuve supplémentaire du savoir-faire et du professionnalisme des travailleuses et des travailleurs de l’aérospatiale au Québec. »

M. Chartrand a précisé que les employés sont en train de vivre la période de transition qui verra Airbus prendre le contrôle du programme. Les travailleurs ont été avisés des premiers changements vendredi dernier. « La démarche se déroule conformément à ce qui est prévu dans l’entente de réciprocité votée à 92,3 % par nos membres le 4 mars dernier et nous veillerons à ce qu’il en soit ainsi sur le long terme. Même s’il y aura une période d’adaptation, on ne s’attend pas à une transition difficile, encore moins si les commandes sont aux rendez-vous. »

Le contrat « témoigne de la performance solide des avions CSeries qui sont en service, à notre avis », a écrit un analyste spécialisé de Valeurs Mobilières Desjardins, Benoit Poirier, dans une note transmise aux clients. « Nous croyons qu’Air Baltic a passé sa commande pour sécuriser des livraisons rapides, juste avant les éventuelles commandes des autres transporteurs qui seront le résultat de la finalisation du partenariat entre Bombardier et Airbus. »

Lors d’un passage à Montréal il y a quelques semaines, le haut dirigeant d’Airbus choisi pour présider le programme C Series a dit que l’entreprise souhaite discuter avec les fournisseurs de pièces pour réduire les coûts mais que cela serait accompagné d’une hausse du nombre de livraisons.

Par ailleurs, Bombardier a annoncé en fin de semaine le lancement de deux nouveaux avions d’affaires, les Global 5500 et Global 6500, dérivés des modèles 5000 et 6000 et offrant notamment une économie de carburant de 13 %. Le Global 7500 doit entrer en service dans la deuxième moitié de 2018.

À la Bourse de Toronto, l’action de Bombardier a progressé de près de 4 % à 4,54 $. Ce cours est un peu plus du double de celui qu’affichait le titre il y a un an, c’est-à-dire environ 2,30 $.